Le conseil d’administration de la CNAM (Caisse nationale de l’Assurance Maladie) a récemment validé le rapport Charges et Produits pour l’année prochaine. Ce document sera donc présenté aux parlementaires et au ministère de la Santé. Ledit rapport s’inscrit dans le cadre du PLFSS (projet de loi de financement de la Sécurité sociale) visant à améliorer le système de santé.

Les informations collectées dans le secteur de l'assurance santé permettent, a priori, d'observer la situation ponctuelle et de suivre l'évolution de la consommation de soins. La CNAM s'est servie des données du SNDS (Système national des données de santé) pour dresser son dernier rapport sur le système de soins français.

Dans le cadre de cette étude, l'organisme a notamment présenté l'évolution des maladies et des dépenses de santé sur tout le territoire. Ce rapport lui a aussi donné l'opportunité de formuler différentes propositions pour améliorer la prise en charge des patients et optimiser la gestion des budgets de la Sécurité sociale.

Quelques recommandations face à la crise sanitaire

Eu égard à la gravité de la crise, la pandémie du Covid-19 et ses nombreux effets étaient incontournables dans le dernier rapport de la CNAM. L'organisme y a donc consacré une partie de son étude. L'Assurance Maladie a notamment évalué l'ampleur du retard de soins en France et des conséquences du phénomène sur l'organisation du système de santé.


Selon la CNAM, le recours aux soins a baissé rapidement et durablement sur tout le territoire en raison de la crise sanitaire. Cette tendance concerne à la fois la médecine de ville et hospitalière. Néanmoins, l'intensité du recul varie sensiblement en fonction des spécialisations.

Le confinement s'est traduit par une affluence pratiquement nulle chez certains professionnels de santé comme les dentistes, les ophtalmologues ou encore les orthoptistes. Cependant, cette baisse globale du recours aux soins n'a pas provoqué une dégradation significative et immédiate de l'état de santé des Français.

Dans ce contexte, l'Assurance Maladie a formulé plusieurs recommandations pour améliorer la gestion des retombées sanitaire de l'épidémie de coronavirus. L'organisme encourage notamment la collaboration entre institutionnels et acteurs académiques en vue d'améliorer la détection ainsi que le suivi des effets de la crise sur le secteur santé.

Par ailleurs, les forces en présence devront soutenir activement la reprise des activités dans le domaine pour résorber le retard cumulé en raison du report massif des soins. Toutefois, ces propositions restent soumises aux contraintes liées à l'optimisation de la gestion des dépenses de santé.

Hausse globale des dépenses de l'Assurance Maladie

Selon le rapport cité, la totalité des dépenses de soins inscrites au régime général a connu une augmentation de 19,6 milliards d'euros en 7 ans. Ces charges ont donc progressé de 13,8 % depuis 2012. D'après la CNAM, cette hausse vient en partie de l'augmentation des effectifs des bénéficiaires de remboursements de soins. En effet, 2 millions de patients supplémentaires ont été pris en charge sur cette période.


La prise en charge des cancers affiche la plus forte progression, sachant qu'elle a bondi de 3,9 milliards d'euros depuis 2012. La hausse constatée sur ce poste de dépenses est suivie par :

  • Les hospitalisations ponctuelles (3,6 milliards d'euros) ;
  • Les pathologies cardiovasculaires (2,4 milliards d'euros) ;
  • Les maladies psychiatriques (2,2 milliards d'euros).

D'autre part, le rapport attribue ce phénomène à l'augmentation de la proportion de personnes dont les dépenses de santé sont supérieures à la moyenne par malade durant cette période. Cette tendance est commune à la grande majorité des pathologies prises en charge. Pour des maladies comme les cancers, en revanche, la hausse des dépenses totales vient davantage de l'augmentation des frais de santé annuels de chaque patient.

Dans ce contexte de hausse globale, un recul a été constaté au niveau des sommes consacrées aux personnes prises en charge en prévention primaire pour un « traitement du risque vasculaire ». En effet, les dépenses ont diminué de 499 millions d'euros dans le domaine.