5%, c’est la hausse moyenne à laquelle devraient s’attendre les détenteurs de complémentaire santé cette année, à en croire les estimations de l’association UFC-Que choisir. Une augmentation qui, dans les détails, est fort disparate et qui semblerait, d’ailleurs, légitime compte tenu des divers contextes dans lesquels la France évolue actuellement.

La réforme 100% Santé, les demandes de plus en plus exigeantes de la part des divers syndicaux concernant la couverture santé des salariés, la difficulté des assureurs à négocier leurs tarifs de prestation santé… Toutes de bonnes raisons pouvant expliquer la tendance haussière du coût des complémentaires santé.

Et il convient d’admettre que cela se maintient encore cette année, à raison de 5% plus élevée en moyenne par rapport à celui de 2019, selon l’association UFC-Que choisir. À savoir, plus de 500 contrats proposés pas 86 assureurs – privés et mutuelles – ont été passés au peigne fin avant d’aboutir à cette conclusion.

Une progression disparate des tarifs assuranciels

Les Français se trouvent parmi les populations les mieux privilégiées en matière de couverture santé. Non seulement leurs dépenses sont remboursées par la caisse d’assurance maladie, du moins partiellement, mais celles-ci peuvent être également prises en charge par les mutuelles ou autres assureurs complémentaires tels qu’Allianz, Aviva, ou Axa.


Pour autant, ces avantages ne sont pas sans frais. Ils coûteraient même de plus en plus cher pour les assurés au point de grimper de 5% en 2020. Une estimation avancée par le défenseur de droits des consommateurs, l’UFC-Que Choisir, à l’issue de son étude menée sur plus de 500 contrats. À préciser qu’il s’agit seulement d’une moyenne, et qu’une forte disparité est observée auprès des 86 organismes.

Ne serait-ce que de considérer les 8 et 12% d’augmentation appliquée respectivement par Malakoff et Swiss Life alors que Groupama, la Macif et la mutuelle du Mans proposent une révision de tarifs inférieurs au taux moyen.

Une hausse des primes pour combler un manque à gagner

Dans tous les cas, ces établissements ont pour obligation commune d’équilibrer leurs comptes afin d’assurer leur solvabilité tant vis-à-vis de leur clientèle que de leurs actionnaires. Une exigence qui se résume par un contrebalance entre les risques assumés et les primes récoltées. Ce qui est loin d’être facile pour les compagnies privées qui, à la différence de la branche santé de la Sécu, ne peuvent pas puiser sur les finances publiques pour combler leur manque à gagner.

Elles sont, de ce fait, obligées de le récupérer sur les cotisations. D’où le rehaussement de leur grille tarifaire. D’autant que trois éléments semblent avoir contribué à l’alourdissement de leurs charges. À commencer par la faible concurrence dans le secteur ainsi que leur difficulté à négocier des prix de prestation santé. Alors que certaines évolutions prennent forme chez les mutuelles, à travers l’installation de réseaux spécifiques, notamment de cliniques, de dentistes ou d’opticiens.


Sans oublier la mise en œuvre du Reste à charge zéro qui requiert davantage de participation financière de la part des complémentaires santé. De fait, depuis l’année dernière, l’achat de lunettes, de prothèses dentaires ou d’implants auditifs, intégrés dans le panier de soins 100% Santé, est remboursé intégralement et par l’Assurance maladie et par les mutuelles.

Et le dernier qui n’est pas des moindres revient aux fortes requêtes des syndicats et partenaires sociaux en faveur des assurés, et plus particulièrement des salariés d’entreprise. Des négociations qui, s’ils aboutissent, coûtent aux assureurs et, de fil en aiguille, impacteront sur les primes.