La situation est loin d’être confortable, en ce moment, pour la population mondiale. Le fait est que la pandémie de Covid-19 n’est pas seulement qu’une crise sanitaire. Elle impacte aussi négativement sur le bien-être mental de chaque citoyen. Pour ne citer que les nombreux stress et traumatismes que subit actuellement le personnel soignant. Une problématique que les hôpitaux de Wuhan tentent de pallier.

L’équilibre mental de l’homme dépend de ses habitudes et routines. Deux éléments fortement perturbés depuis la propagation du Coronavirus. Sans parler de la longue période de confinement qui, certainement, accentue le risque de détresse psychologique.

Un sondage IFOP a d’ailleurs relevé un taux important de personnes rongées par l’inquiétude en France. Un sentiment qui s’explique, entre autres, par l’incertitude quant à la capacité des autorités de santé à gérer la pandémie.

Et la pression est d’autant plus sévère pour les professionnels médicaux, étant confrontés quotidiennement à des cas extrêmes. Il faut savoir pourtant que le contrôle de la maladie, notamment la limitation des risques de mortalité des patients, dépend inexorablement de la qualité de leur jugement. Les protéger des éventuels troubles psychologiques, sur le long terme, s’avère alors vital. Comme l’a souligné l’OMS dans un de ses rapports.

Le moral en berne pour la grande majorité de la population

Anxiété, confusion, dépression… La liste des détresses psychologiques relevées en cette période de pandémie est longue. Des conséquences apparemment inévitables, notamment suite à plusieurs semaines de confinement, à en croire une récente méta-analyse découlant de 24 études scientifiques portant sur les précédentes épidémies graves.


Dans l’Hexagone, plus de huit personnes sur dix (84%) se sont montrées inquiètes lors qu’une enquête menée tout récemment par l’IFOP. Et cela n’a rien à voir avec leurs dépenses en matière de soins qui seront prises en charge par l’Assurance maladie et leur mutuelle santé.

Parallèlement, une étude de l’Université d’Anvers a démontré que le niveau du bien-être mental des Belges est au plus bas au fur et à mesure que le cantonnement perdure. Et l’incertitude quant aux informations ainsi qu’à la capacité de gestion de l’épidémie ne fait qu’accentuer l’anxiété.

Au milieu de ce chaos, médecins, aides-soignants et infirmiers sont plus concernés que tout autre citoyen. Et leur pression psychologique est d’autant plus importante du fait qu’ils doivent faire face, tous les jours, à des patients se trouvant dans un état grave. Ceci les amenant notamment à se poser des questions sur leur propre santé, sur la potentielle contamination de leurs proches.

En Chine, 1257 professionnels de la santé exerçant dans 34 hôpitaux traitant des malades du Covid-19 ont fait l’objet d’une étude. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes :

  •  50,4% montrent des symptômes de dépression ; 
  •  50,4% affichent de l’anxiété ; 
  •  34% souffrent d’insomnie.

Des mesures de soutien psychologique à mettre en place

Le contrôle de cette pandémie dépend principalement de la bonne implication des soignants. Cette lourde responsabilité requiert un moral d’acier. De fait, la qualité de leur jugement est vitale pour affronter, entre autres, les cas de syndrome aigu de détresse respiratoire. Aussi, faudrait-il qu’ils prennent conscience de la durée de la crise afin d’éviter de s’épuiser trop rapidement.


Par ailleurs, si la pression ressentie est tout à fait normale en pareille circonstance, une bonne gestion de la santé mentale est toutefois de mise. C’est la raison pour laquelle l’OMS, dans son rapport, a insisté sur la mise en place de mesures visant à limiter les troubles psychologiques chez les professionnels de santé.

À préciser que la consommation de psychotropes est à prohiber. Les solutions préventives sont, par contre, fort conseillées, telles que :

  •  Des pauses pendant les horaires de travail ; 
  •  Une nourriture saine ; 
  •  Une activité physique ; 
  •  Un maintien des contacts avec la famille et les amis.

Sur ce dernier point, les contacts avec les collègues sont également sollicités afin d’anéantir le sentiment d’isolement et ainsi diminuer le stress chronique. Des plateformes de communication en ligne peuvent être aussi envisagées pour permettre aux soignants de disposer d’informations précises en vue d’éradiquer toutes incertitudes.

C’est ce qui a été d’ailleurs instauré dans la province de Wuhan, outre d’autres dispositifs, dont un fondamental présenté en quatre niveaux :

  •  Une équipe psychosociale, composée de responsables et d’attachés de presse des hôpitaux, en charge de l’organisation des tâches afférentes à la publicité et à la direction ; 
  •  Une équipe d’experts seniors en santé mentale, chargée de l’établissement des règles d’intervention, de promulgation des recommandations cliniques, de la mise au point du matériel et de la supervision clinique ; 
  •  Une équipe d’intervention psychologique dédiée aux agents de santé ainsi qu’aux patients ; 
  •  Une équipe de téléassistance représentée par des bénévoles préalablement formés en assistance psychologique et aptes à fournir des conseils téléphoniques au personnel en difficultés.