De la même manière que plusieurs autres pays européens, la France affronte depuis quelques semaines une nouvelle flambée des contaminations au Covid-19. Cette deuxième vague n’est pas sans conséquence sur la prise en charge des autres malades, en particulier ceux du cancer. Le président de la Ligue contre le cancer lance ainsi l’alerte et encourage les personnes concernées à ne pas suspendre leur traitement.

À défaut de traitements définitifs ou de remèdes vraiment efficaces, la détection prématurée constitue l'un des moyens les plus probants pour combattre le cancer. Or, la situation sanitaire actuelle complique la tâche des oncologues et spécialistes chargés de diagnostiquer la maladie. Face à la nouvelle vague de contagion au Covid-19, les hôpitaux et les établissements de soins se retrouvent submergés par les malades du virus.

Dans ces conditions, l'accès aux soins par les personnes atteintes du cancer devient plus difficile, d'autant plus que les patients rechignent à consulter en raison du climat anxiogène qui règne autour des hôpitaux. Pour la Ligue nationale contre le cancer, il est urgent de :

  • limiter les retards de prises en charge ; 
  • poursuivre les dépistages malgré la crise.

Des retards de prise en charge préjudiciables aux malades du cancer

En pleine période de seconde vague d'épidémie, les patients hésitent longtemps avant de se rendre à l'hôpital pour dépister un cancer, un acte normalement remboursé par une bonne mutuelle santé. Le retard dans le dépistage de cette maladie expose pourtant le patient à de graves conséquences liées à une prise en charge tardive. La crise actuelle entraîne pourtant des décalages à la chaîne dans les traitements des malades du cancer.


Même si aucun chiffre fiable n'existe pour le moment sur les répercussions de ce piétinement, son impact à moyen et long terme peut être énorme. L'institut Gustave Roussy avance une estimation quelque peu alarmiste, pointant une hausse de 2 à 5 % de la mortalité due au cancer d'ici à 2025, à cause des lenteurs dans le protocole de soins.

Un signal d'alerte pour détecter plus rapidement le cancer

La projection de l'institut Gustave Roussy repose sur l'observation de la situation actuelle dans les centres de dépistage de cancer. Selon Axel Kahn, président de la Ligue nationale contre le cancer, les dépistages systématiques des cancers de la prostate, du sein ou du col de l'utérus ont été interrompus pendant la première vague d'épidémie. Ces opérations de détection n'ont repris qu'en juin, mais risquent encore d'être stoppées nettes dans les prochaines semaines au vu de la recrudescence des infections au Covid-19.

Outre l'interruption des dépistages, Axel Kahn rapporte aussi d'autres perturbations dans les protocoles de soins des malades du cancer, entre :

  • les suspensions de traitement ; 
  • les diagnostics en retard.

Pour alerter les pouvoirs publics, médecins et oncologues rappellent la nécessité de faciliter l'accès aux soins pour tous :

  • les malades du cancer ; 
  • les patients souhaitant se faire dépister.

Il y aurait actuellement 30 000 cancers non détectés en France, des cas qu'il faudrait dépister et traiter le plus vite possible.