Après près de 16 ans d’études menés sur plus de 250 000 personnes, une équipe de chercheurs a finalement pu identifier les zones du génome responsables de la faiblesse musculaire chez les personnes âgées. Ces scientifiques ont également révélé que certaines pathologies comme le diabète pourraient favoriser le développement de la pathologie.

Avec l'âge, les individus voient leur force musculaire régresser progressivement. Chez certaines personnes, cette pathologie peut être vraiment contraignante dans la vie de tous les jours, notamment lorsque cette faiblesse arrive à un stade dénommé sarcopénie. Selon une étude, près d'une personne sur dix âgée de plus de 50 ans y est sujette. À noter que le traitement de cette affection est rarement pris en charge par la mutuelle senior.

Pour essayer d'en savoir un peu plus sur les mécanismes biologiques responsables de l'apparition de cette faiblesse musculaire, des scientifiques ont procédé à l'analyse génétique de plus de 250 000 personnes.


Une étude longue de 16 ans

En 2006 une équipe internationale de chercheurs a récupéré les informations médicales de 250 000 patients âgés de plus de 60 ans auprès de la banque de données UK Biobank. En se basant sur ces données, les scientifiques ont essayé d'établir un lien entre l'évolution de la faiblesse musculaire et d'éventuelles prédispositions génétiques qui seraient favorables au développement de la maladie.

Au fil des années, l'équipe de chercheurs a dressé le constat de la perte musculaire chez les participants, qu'ils ont estimé à partir de la force de la poigne de ces derniers. À partir de ces examens, les scientifiques ont ensuite procédé à une analyse génétique afin d'identifier les mécanismes biologiques responsables de cette pathologie.

Le 28 janvier dernier, les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue « Nature Communications ». Il en ressort que 15 zones du génome ont été identifiées comme jouant un rôle dans la perte musculaire au fil des années. Des marqueurs biologiques sanguins tels que les globules rouges et l'inflammation sont aussi potentiellement responsables de l'aggravation de la faiblesse musculaire vers la sarcopénie.

Bien qu'il reste encore quelques zones d'ombre, les scientifiques se félicitent de ces premiers résultats qui ont permis d'identifier les zones du génome qui sont susceptibles de favoriser le développement de cette pathologie.


Des pathologies favorisant la sarcopénie

D'après les résultats de cette étude publiée le mois dernier, les maladies auto-immunes pourraient aussi favoriser le développement de la sarcopénie. À Garan Jones, l'un des scientifiques ayant participé aux expériences d'expliquer :

Les associations les plus fortes que nous avons trouvées étaient proches des régions du génome régulant le système immunitaire, ainsi que la croissance et le développement du système musculo-squelettique. Cependant, nous avons également découvert des associations avec des régions qui n'étaient pas auparavant connues pour être liées aux musculo-traits squelettiques.

L'équipe de chercheurs a également révélé que la perte musculaire était étroitement liée à des affections comme le diabète de type 2. En outre, ces deux pathologies partagent des voies génétiques communes chez les seniors. Selon les détails exposés par Garan Jones :

Dans les sous-groupes de personnes présentant un risque accru de ces affections, la sarcopénie peut être un résultat clé à surveiller et à prévenir.

Mais des affections telles que l'arthrose et la polyarthrite rhumatoïde, autant de maladies auxquelles sont sujettes les personnes âgées, peuvent aussi favoriser le développement de la sarcopénie.