Selon l’association des oncologues du Québec, les personnes présentant des symptômes de cancer hésitent à se rendre auprès d’un centre de santé ou d’un spécialiste dans ce contexte de pandémie. Le nombre de diagnostics est en chute libre depuis le début de la crise sanitaire. D’après les spécialistes, environ 2 000 personnes ne savent pas qu’elles ont un cancer.

2 000 personnes malades sans le savoir

Plus de 56 000 tests de dépistage du cancer sont distribués chaque année au Québec. Mais selon le Dr Martin Champagne, le président de l’Association des médecins hématologues et des oncologues du Québec (AMHOQ),

Le nombre de patients ayant passé un test a chuté de plus d’un tiers pendant le confinement de six semaines.

Avec la crise sanitaire, une réduction des diagnostics envoyés, une annulation de certains rendez-vous et un report des consultations ont été constatés. Une situation qui s’explique par la peur de contracter le coronavirus.

Pourtant, le Dr Champagne insiste sur l’importance de consulter le plus tôt possible. Pour rappel, les traitements du cancer sont pris en charge par la mutuelle santé.

Un risque d’allongement de la liste d’attente

Le président de l’association souligne que

Les malades du cancer qui se mettent en retrait devraient être traités rapidement. Le report de leurs soins ne peut que provoquer une longue liste d’attente une fois le confinement levé.

L’oncologue Élie Kassouf, du Centre hospitalier régional de Lanaudière, confirme que

Ce recul du nombre de diagnostics de cancer va créer un effet boule de neige d’ici quelques mois, notamment à cause des cas qui n’auront pas été dépistés à temps.

Une hausse du nombre de personnes privées de soins

Autre souci, la continuité des soins est affectée par la gestion de la crise sanitaire. Selon l’association des oncologues,

Entre 6 500 et 8 000 patients atteints du cancer sont pénalisés par le manque de suivi de leur situation.

En effet, les cas de cancer sont triés selon leur urgence.

Les examens, les traitements et les soins qui peuvent attendre sont ajournés.

Par ailleurs, de nombreuses personnes diagnostiquées du cancer récemment et qui ont besoin d’un suivi craignent de se rendre dans les centres hospitaliers par peur d’être exposées au virus.

Or, pour assurer le maintien des suivis, les hôpitaux ont mis en place les mesures de protection requises pour pouvoir accueillir les patients dans les meilleures conditions.