En cas de maladie, plusieurs Canadiens bénéficient actuellement de prestations de l’assurance-emploi pendant les 15 semaines d’arrêt de travail. Une durée qui devrait être allongée à 26 semaines à partir de l’été 2022. Promesse électorale des libéraux en 2019, cette augmentation entrera en application après promulgation d’un décret dédié à cet effet.

Au Canada, le nombre d'allocataires aux prestations d'assurance-emploi en cas de maladie a progressé de 50 % depuis 2000. D'après un rapport d'Emploi et Développement social Canada (EDSC), environ 400 000 attributaires bénéficient désormais de cette aide. Pour information, cette dernière est octroyée depuis 1971 aux salariés contraints de prendre des congés en raison de motifs médicaux. À ce sujet, le cadre actuel accorde au travailleur le droit à 15 semaines d'arrêt maladie au maximum. L'année prochaine, ce seuil devrait être porté à 26 semaines. Deux ans plus tôt, le parti libéral s'est engagé lors de la dernière campagne électorale à mener cette réforme.


Un prolongement en 2022

Par ailleurs, le travailleur doit également être dénué de contrat de prévoyance pour profiter du subside provisoire. Le montant de ce dernier équivaut à 55 % du revenu hebdomadaire moyen pouvant être couvert par une assurance. Néanmoins, il est soumis à un plafond, fixé à 595 dollars en 2021.

Dans ce contexte, la promesse des libéraux commence à se matérialiser dans le budget fédéral établi en avril dernier. Ce document propose une enveloppe de 3 milliards de dollars pour financer sur 5 ans les prestations de maladie. D'ici l'été 2022, 169 000 Canadiens devraient pouvoir se voir concéder les 26 semaines et bénéficier de :

Plus de temps et de souplesse pour se rétablir et retourner au travail.

Sur ce point, plusieurs Canadiens sévèrement blessés ou malades épuisent leurs ressources financières durant les 15 semaines accordées. Sur Internet, 600 000 personnes ont signé une pétition pour réclamer un allongement significatif de cette période d'éligibilité. Selon les auteurs de la requête, la guérison prend en moyenne 50 semaines.

Améliorer le processus

Cinq ans plus tôt, un média canadien a interviewé une mère monoparentale ayant contracté un cancer. Redoutant la cessation proche de ses allocations, elle se plaignait :

Si ça me passe par l'esprit, je sais que je vais paniquer, je vais tomber dans un autre degré d'anxiété et de peur. Ça n'arrangera pas ma maladie.

En considération de la situation, Jean-Yves Duclos, président du Conseil du Trésor canadien promettait qu'ils réviseront cette durée. Quelque temps après, Justin Trudeau rassurait que l'exécutif examinait déjà la question. D'après le Premier ministre canadien, le gouvernement ressent la peine que le problème occasionne à la population. Il affirmait alors :

[…] On veut ramener plus de flexibilité et de compassion dans notre système. […]

Il faut agir, mais surtout rapidement, insistait le responsable politique. À ce propos, Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois, a souligné le 25 août dernier :

À l'heure où on [...] parle, on est encore à 15 semaines.

En effet, l'allongement de la période d'admissibilité à 26 semaines demeure sur le stade de projet. Pour cause, la mesure prend seulement effet à une date définie par voie décrétale. À quelques jours des élections fédérales, le Conseil des ministres n'a toujours pas pris ce décret.