La découverte de l’antibiotique a été, sans aucun doute, une incroyable révolution dans l’univers de la médecine puisqu’elle a permis de très largement diminuer le nombre de décès par infections bactériennes. Elle continue, d’ailleurs, à avoir cet effet à l’ère actuelle. Pour autant, le miracle tend aujourd’hui à virer au cauchemar. Ce, en raison d’une surconsommation qui s’accompagne indubitablement de nombreux effets secondaires.

Après un demi-siècle de sérénité pendant lequel l’essor de l’antibiotique a sauvé des millions de vies, l’usage de ce médicament bactéricide, ou du moins bactériostatique, devient aujourd’hui source de préoccupations. Le fait est que des formes de résistance se sont apparues, rendant les traitements plus compliqués. Un phénomène qui s’expliquerait par le recours abusif à ce remède.

Et ce n’est pas le seul méfait constaté, car des études ont révélé d’autres vérités alarmantes. Notamment, le risque élevé de développer des troubles cognitifs auquel s’exposent les consommateurs de certains types d’antibiotiques. La preuve aussi que ces derniers, pris par voie orale, ont à long terme des effets sur le microbiote intestinal.


L’altération du microbiote intestinal provoquerait le Parkinson

Les changements au niveau de la flore intestinale impactent sur la fonctionnalité cérébrale. Plusieurs études ont, en effet, prouvé l’existence de corrélations entre ces phénomènes et certains troubles du cerveau, tels que la dépression, l’autisme, la schizophrénie, la sclérose en plaques et la maladie de Parkinson. Des maladies dont les traitements peuvent être pris en charge en adhérant à une mutuelle santé.

L’origine de cette dernière a, d’ailleurs, fait l’objet de recherches, qui ont mis en évidence, dans la plupart des cas, l’apparition des symptômes de la pathologie après la détérioration du microbiote intestinal. Certes, d’autres analyses sont encore requises avant d’être fixé sur cette relation de causes à effets, mais ce qui est certain, c’est qu’il existe une connexion neuronale entre le cerveau et les intestins.

Ce qui fait que des patients souffrant de troubles intestinaux, comme la constipation ou les MICI (maladies inflammatoires chroniques de l’intestin), ou bien encore le syndrome du côlon irritable sont plus à même de développer le Parkinson.

Des scientifiques finlandais, de l’Hôpital universitaire d’Helsinki, ont aussi démontré que la consommation excessive de certains antibiotiques impacte, sur le long terme, sur les microbes intestinaux. À l’auteur de l’étude, le neurologue Filip Scheperjans de souligner :

« Le lien entre l'exposition aux antibiotiques et la maladie de Parkinson correspond à l'opinion actuelle selon laquelle, chez une proportion significative de patients, la maladie de Parkinson pourrait provenir de l'intestin, possiblement liée à des changements microbiens, des années avant l'apparition des symptômes moteurs typiques de la maladie ».

Les macrolides et les lincosamides pointés du doigt

Dix millions environ à l’échelle mondiale, dont 160 000 en France, souffrent de déséquilibre, de raideur, de tremblements ainsi que d’autres troubles psychiques (sommeil, humeur, etc.), qui sont les principaux symptômes de la maladie de Parkinson. Une pathologie grave dont l’exposition doit être prise en compte par chaque médecin lors de la prescription d’antibiotiques, selon les chercheurs.


Les médicaments administrés par voie orale, notamment, sont les plus concernés, si l’on croit l’étude intitulée « Antibiotic exposure and risk of Parkinson's disease in finland: A nationwide case-control study », publiée dans la revue Movement Disorders le 18 novembre dernier. Particulièrement, ceux qui appartiennent à la famille des macrolides et des lincosamides, entre autres :

  • L’Azadose ;
  • Le Clarithromycine ;
  • Le Clindamycine ;
  • Le Dalacine ;
  • Le Disulone ;
  • L’Erythrocine ;
  • Le Lincocine ;
  • L’ordipha ;
  • Le Rovamycine ;
  • Le Rulid ;
  • Le Zithromax.

Il s’agit d’alternatives des pénicillines visant à contrer les infections microbiennes courantes : celles afférentes à l’ORL, par exemple, les affections bronchiques ou pulmonaires, les maladies de la peau ainsi que de l’appareil génital. Ce qui n’empêche pas les autres types d’antibiotique d’être offensifs. Les antifongiques, les sulfamides et les triméthoprimes présentent un risque accru même quinze années avant la détection du Parkinson tandis que les anti-anaérobies et les tétracyclines, cinq ans.