Un sujet encore inimaginable il y a quelques décennies, la télémédecine prend aujourd’hui de l’ampleur pour devenir même la norme de demain. Les douze derniers mois sont d’ailleurs marqués par cette notable expansion, notamment en ce qui concerne la prise en charge de l’assurance maladie. En effet, l’organisme a tablé sur plus de 60 000 actes remboursés en mi-septembre.

Fer de lance de la télémédecine, la consultation médicale à distance est tout aussi fiable que l’acte classique du fait des qualifications du praticien et des conditions réglementaires qui ont été mises en œuvre dans ce sens.

Depuis un an, cette pratique novatrice a fait du chemin dans le secteur santé, et ce, grâce à son intégration dans le droit commun et à son remboursement par la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam). Aujourd’hui, le nombre de prises en charge dépasse la barre des 60 000 téléconsultations, dont la grande majorité a été opérée par des médecins libéraux suite à des prises de rendez-vous orchestrées, dans les deux tiers des cas, par la plateforme Doctolib.


Un dispositif pour le moins avantageux

Le 15 septembre 2018 est une date à marquer dans les annales suite à l’entrée en vigueur du remboursement des consultations à distance, définies dans l'avenant n°6 à la convention médicale encadrant le financement de droit commun y afférent, par la caisse d’assurance maladie. Eu égard aux dispositions prévues dans la LFSS (loi de financement de la sécurité sociale) 2018.

Cette initiative a été des plus légitime étant donné les bienfaits apportés par le numérique, notamment dans le système de santé et particulièrement au niveau du temps d’attente avant de pouvoir être ausculté par un médecin. Généralement, les délais peuvent aller jusqu’à :

  • 6 jours chez un généraliste ; 
  • 22 jours chez un pédiatre ; 
  • 44 jours chez un gynécologue ; 
  • 61 jours chez un dermatologue.

Au fondateur de Doctolib, une Startup exerçant dans les prise et gestion en ligne de rendez-vous médicaux, d’argumenter :

« La téléconsultation permet aux patients d’accéder plus facilement aux soins, elle simplifie le suivi des maladies chroniques et encourage les patients à prendre en main leur santé et à s’inscrire dans des démarches de prévention ».

Mais malgré ses atouts, l’e-santé est encore loin de connaître son apogée. Le LET (les entreprises de télémédecine) qui regroupe bon nombre de professionnels du secteur avait même estimé, dans une récente tribune, que le domaine est sous exploité.

Et les chiffres communiqués par la Cnam le 12 septembre dernier sont d’ailleurs éloquents. De fait, si les perspectives de l’organisme s’élevaient à 500 000 téléconsultations remboursées pour 2019, la réalité dépasse seulement de 60 000 actes facturés à près d’un trimestre avant la fin de l’année. À savoir, une nette disparité est d’ailleurs observée au niveau régional puisque 44% des e-consultations sont concentrés en Île-de-France.


Une ampleur qui va encore s’affirmer

Les débuts timides de la téléconsultation ne vont pas perdurer, à en croire l’optimisme des observateurs. En effet, l’on a enregistré une hausse constante du nombre de prises en charge depuis son entrée dans le droit commun. 2 000 actes ont été dénombrés en début de l’année pour remonter à 8 000 au mois de mars, c’est-à-dire six mois après la mise en place du remboursement. À l’heure actuelle, le rythme s’établit à hauteur de 3 300 actions par semaine. Le communiqué du directeur général de la Cnam, Nicolas Revel, est écrit noir sur blanc :

« La montée en charge est nette et va aller en s'accélérant ».

À savoir, ces e-consultations ont été opérées par 1 647 établissements de santé ou médecins, dont 85% de ces derniers sont représentés par les professionnels libéraux, entre autres des généralistes (65%), des psychiatres (14%), des gynécologues (8%) et des pédiatres (5%). Par ailleurs, les bénéficiaires comptent près de 30 000, dont 27% souffrant d’ALD (affections de longue durée).

Pour en revenir à leur expansion, il faut savoir que plusieurs leviers ont été mis en route, à savoir la participation d'autres professions de santé grâce à de récents textes conventionnels. Les pharmaciens, par exemple, qui seront suivis par les infirmiers libéraux dès le début de l’année prochaine. Sans oublier les équipes de soins primaires, les centres de santé et les CPTS (communautés professionnelles territoriales de santé) qui vont pourvoir aux besoins des patients rencontrant des difficultés d'accès aux soins.

De son côté, le site Doctolib a mis à disposition de ses utilisateurs son outil de consultation à distance depuis janvier en mobilisant 1 500 praticiens. Et le bilan y afférent s’avère un succès puisque les deux tiers des prises en charge (40 000 auscultations) proviennent de ce dispositif. Selon le communiqué :

« Au rythme de croissance actuel, 13 000 téléconsultations devraient être réalisées sur Doctolib pour le seul mois de septembre 2019, soit deux fois plus qu’au deuxième trimestre, et la barre des 150 000 devrait être dépassée avant la fin de l’année ».