Optimiser le système santé français qui est confronté, ces dernières années, au contexte du vieillissement démographique et renforcer l’accès de tous à des soins de qualité. Tels sont les principaux objectifs de la téléconsultation. Une innovation qui peine pourtant à se généraliser, du moins jusqu’à la dernière semaine de mars. Il faut dire que la limitation du Coronavirus a fortement contribué à son essor.

Remboursées depuis un an et demi, les consultations en vidéotransmission démarrent pourtant très doucement, enregistrant quelque 300 milliers de factures adressées à la Sécurité sociale. Un chiffre largement dépassé en une seule semaine, celle du 23 mars.

Une affluence influencée par plusieurs paramètres, à commencer par l'adhésion d'une plus grande proportion de médecins à cette pratique. Un dynamisme qui s'expliquerait surtout par l'assouplissement de ses réglementations durant la crise sanitaire provoquée par la pandémie du Covid-19, notamment les dérogations en matière de remboursement et le recours soutenu au tiers payant.

Mais il ne faut pas non plus oublier que les mesures de confinement instaurées depuis mi-mars y sont pour quelque chose.

Six fois plus que la semaine précédente

Septembre 2018 est un mois à marquer d'une pierre blanche pour la télémédecine. En effet, à partir de cette date, les actes de téléconsultation sont remboursés par l'assurance maladie, et ce, pour tous les patients. Une initiative, dont l'objectif est de lutter contre les déserts médicaux, l'une des causes majeures du renoncement aux soins des Français.


Pour autant, la pratique n'arrive pas vraiment à décoller. La faute apparemment au manque de connaissance et de conviction tant de la part des malades que des médecins mêmes. En outre, la consultation à distance est régie par des règles strictes, notamment la restriction les mesures de prise en charge imposée par la Sécu.

Tous des obstacles qui affectent l'atteinte de l'objectif officiel, fixé normalement à 500 000 interventions à la fin de l'année dernière. De fait, jusqu'au mars dernier, 320 000 téléconsultations ont été recensées. Le quota hebdomadaire ne dépassant même pas le seuil des 10 000 en début mars. Une tendance qui a enfin amorcé une nette hausse à partir de la semaine du 16, avec 80 000 réalisations.

Et le bilan de la semaine du 23 au 29 mars a été plus qu'ahurissant, car l'affluence s'estimait à six fois supérieures à celle de la semaine précédente, à savoir 486 369 consultations en ligne facturées à la Sécurité sociale. L'organisme public a d'ailleurs remarqué que les factures provenaient d'un praticien sur trois - soit près de 29 000 médecins libéraux – contre un sur dix auparavant (7,6%). Selon lui :

Ce chiffre illustre la croissance exponentielle que connaissent les téléconsultations depuis l'annonce du confinement […] Les téléconsultations constituent désormais plus de 11% de l'ensemble des consultations contre moins de 1% avant la crise.

Plusieurs facteurs de contribution

Ce rebond marque, sans aucun doute, le début d'un essor historique de ce produit novateur. Une dynamique qui s'expliquerait par l'appropriation de ce dernier par les médecins, mais aussi par son appréciation de plus en plus tangible par les usagers de santé en raison de la généralisation du confinement. Pour l'Assurance maladie :

Dans ces circonstances sanitaires sans précédent, la téléconsultation s'est ainsi installée auprès des médecins libéraux comme une modalité pertinente de prise en charge des patients.

Le recours au tiers payant est également un paramètre clé à considérer. C'est, en effet, un élément motivateur, car non seulement il simplifie le processus de facturation, mais en plus facilite l'accès aux soins. Or, il faut savoir que cette alternative est passée de 40% à 75% en l'espace d'une semaine, durant la période observée.


Il faut également reconnaître que l'adoucissement provisoire (jusqu'au 30 avril) de l'encadrement, jusqu'ici très sévère de l'e-consultation a joué un rôle fort important dans cet engouement. En effet, depuis le début de la pandémie, il est possible d'être entièrement pris en charge par la Sécu après avoir été ausculté en ligne par un praticien « non traitant », au même titre que lors de l'intervention de son médecin traitant.

À noter toutefois que plus de huit auscultations sur dix (81%) ont été, selon l'organisme public, opérées par le médecin traitant des malades concernés.