Le lien entre les cas de thrombose et le vaccin AstraZeneca a été confirmé. Pour autant, l’AEM ne conseille pas de stopper sa distribution, car ses bénéfices restent largement supérieurs aux risques. De plus, selon une étude réalisée au Royaume-Uni, l’injection AstraZeneca serait plus efficace que le vaccin Pfizer chez les sujets du troisième âge.

Bon nombre de personnes refusent de se faire injecter le vaccin AstraZeneca. Et pour cause, ses effets secondaires qui font polémique à l'heure actuelle. Une information confirmée par l'Agence européenne des médicaments (AEM) qui a indiqué que le vaccin britannique a engendré de très rares cas de thrombose. Mais l'AEM a rajouté que la balance bénéfice/risque de ce vaccin reste tout de même très largement favorable. Elle ne conseille ainsi pas d'arrêter sa distribution.

De plus, ce vaccin pourrait être plus bénéfique que l'injection Pfizer, à en croire les résultats d'une étude menée par l'université de Birmingham, notamment chez les octogénaires et nonagénaires, dont la plupart sont d'ailleurs couverts par une mutuelle senior.


Une réponse des lymphocytes T plus importante

Les chercheurs de l'université de Birmingham ont comparé l'efficacité des vaccins Pfizer et AstraZeneca chez les plus de 80 ans après l'administration d'une première dose vaccinale. 165 seniors ont accepté de participer à cette étude, le plus âgé ayant 99 ans, et ont été vaccinés avec l'un des deux produits.

5 à 6 semaines après les injections, des analyses sanguines ont été réalisées pour évaluer leurs défenses immunitaires. Les chercheurs ont noté que les deux vaccins ont, tous les deux, permis la production d'anticorps.

Un mois plus tard, de nouvelles analyses sanguines ont été effectuées pour savoir si des anticorps étaient toujours présents dans l'organisme des patients. Sur ce point, Pfizer bat AstraZeneca, puisque 93 % des personnes ayant reçu le vaccin Pfizer avaient toujours des anticorps, contre 87 % pour les patients AstraZeneca.

En revanche, les chercheurs ont relevé un bénéfice non négligeable apporté par le vaccin britannique. En effet, chez les patients AstraZeneca, la réponse des lymphocytes T est trois fois plus importante par rapport aux personnes ayant reçu l'injection Pfizer. Ces cellules T jouent un rôle primordial dans la défense immunitaire. 31 % des patients ayant reçu le vaccin britannique ont développé ces lymphocytes qui détruisent les cellules contaminées par un virus. Ce taux se monte à seulement 12 % chez les patients Pfizer.


Mener des recherches supplémentaires

À long terme, les chercheurs ne sont pas encore fixés sur le rôle que pourrait jouer cette réponse des lymphocytes T dans la protection contre le coronavirus. Cependant, ils pensent que celles-ci ont une fonction différente des anticorps et qu'ils pourraient endiguer le risque de développer une forme sévère de la maladie et lutter contre les variants.

En dépit de ce flou, les chercheurs de l'université de Birmingham se félicitent de cette découverte. La Dr Helen Perry, maitre de conférences à l'université de Birmingham et principale instigatrice des recherches, a indiqué quant à l'étape suivante :

Nous devons maintenant mener des recherches supplémentaires pour comprendre ce que signifie cette différence dans les réponses des lymphocytes T, et comment nous pourrions travailler pour optimiser les futures stratégies de vaccination.