La crise sanitaire n’épargne sans nul doute personne. Si la maladie en elle-même ne frappe pas les enfants et adolescents, les mesures prises dans ce contexte impactent en revanche sur leur santé mentale, à l’instar des plus âgés. Pas étonnant alors que la prévalence aux troubles anxieux et dépressifs s’accroisse, notamment en France. L’EPSM a même demandé du renfort pour assurer la continuité de ses services.

Automutilation, tentative de suicide ou troubles graves du comportement, anxiété, dépression… Les consultations des jeunes pour des troubles psychiatriques, prises en charge en partie par la Sécu en France et relayées par une mutuelle, sont actuellement en forte augmentation. En cause, le climat d'inquiétudes engendré par l'épidémie du Covid-19, mais surtout la mise en place de mesures restrictives sur le plan social qui est pourtant essentielle au bien-être d'un individu.

La recrudescence des chiffres afférents à cette forme de pathologie est telle que l'unique établissement spécialisé dans la santé mentale en Sarthe – l'EPSM — a dû demander le support de la réserve sanitaire, cet été. Notamment, en vue de renforcer l'équipe mobilisée aux urgences.


Des dégradations de la santé mentale plus prononcées

Trois millions, c'est le nombre d'individus souffrant actuellement de troubles psychiques sévères dans l'Hexagone. Il faut dire que l'avènement du Covid-19 et les bouleversements qui en découlent (peur de la contamination, changement de conditions de vie, etc.) y sont pour beaucoup dans la dégradation de la santé mentale de la population.

Les plus jeunes, plus vulnérables par rapport à leurs aînés, sont de plus en plus nombreux à souffrir notamment de crises d'angoisse et de pensées suicidaires. En étudiant les cas pris en charge par l'EPSM (Établissement public de santé mentale de la Sarthe), la coordinatrice générale de soins, Monique Robin a déclaré :

On voit une altération de l'état général des personnes déjà malades, mais aussi l'entrée dans le dispositif de nouveaux patients […] On n'a pas un volume beaucoup plus important, mais on a des patients différents et qui restent plus longtemps hospitalisés.

À savoir qu'étant le seul établissement spécialisé dans le domaine dans le département du Pays de la Loire, il frôle actuellement la saturation. De fait, tous les lits d'hospitalisation au sein de la structure, qui compte 241 sur son site d'Allonnes, sont occupés. Dès fois, celle-ci affiche même un taux d'occupation de 105 %.

Les renforts sont les bienvenus

Face au contexte sanitaire, l'enseigne se veut assurer la disponibilité de tous ses services depuis l'accueil de jour jusqu'aux activités thérapeutiques, en passant par les consultations et les permanences aux urgences. Justement, l'EPSM souhaite allonger les permanences aux urgences du Mans et du Bailleul.


Pour assurer ses prises en charge, mais surtout pour les fluidifier davantage, des renforts ont été sollicités auprès de la réserve sanitaire. Une demande qui a vite été approuvée. Aussi, ces derniers jours, les équipes d'urgence de l'EPSM se sont vues soutenues par des volontaires – des professionnels retraités entre autres – au niveau du Centre hospitalier du Mans et du pôle santé Sarthe et Loir du Bailleul.

La présence de deux à trois volontaires par semaine a permis d'étendre les permanences, de 8 heures du matin jusqu'à minuit. À Monique Robin de souligner :

Sept jours sur sept, on a au moins un professionnel en plus [...] Ces volontaires, ce sont des infirmiers, souvent à la retraite, qui ont l'habitude dans des situations de catastrophe sanitaire. Ils restent jusqu'à minuit pour assurer notamment la surveillance des patients qui resteraient à l'hôpital compte tenu du manque de lits à l'EPSM.