En France, les cas d’infection au coronavirus continuent d’augmenter. Or, sa capacité à réaliser des tests de dépistage sur la population demeure insuffisante. Dans le cadre d’une interview accordée à TF1 le 2 avril dernier, le Premier ministre, Edouard Philippe, a déclaré que le gouvernement y remédiait. L’amélioration concerne aussi bien les tests virologiques que sérologiques.

Avec le nombre de contaminations au Covid-19 recensées dans l'Hexagone, l'État ne parvient plus à réaliser assez de tests de dépistage. Les dispositifs nécessaires à leur mise en œuvre (majoritairement importés d'Asie) sont insuffisants.

Ainsi, depuis le 14 mars dernier, lorsque l'épidémie a atteint le stade 3, le gouvernement a réorienté sa stratégie de dépistage. Désormais, seuls les individus à risques comme les résidents des Ehpad sont testés.

Pour l'heure, 12 000 tests sont effectués quotidiennement. Les pouvoirs publics visent les 50 000 tests d'ici fin avril 2020. Les patients dépistés peuvent compter sur leur mutuelle santé pour le remboursement des dépenses non prises en charge par l'Assurance Maladie.

Bientôt des tests sérologiques sur machine après les tests PCR ?

Pour détecter le virus chez les personnes suspectées, les biologistes ou les infirmières leur prélèvent des cellules nasales grâce à un écouvillon. Appelés polymerase chain reaction (PCR), les tests actuellement réalisés consistent à identifier un brin d'ARN correspondant au SARS-CoV-2.


Les tests sérologiques, réputés plus rapides, sont particulièrement attendus par les autorités sanitaires. Parmi les groupes qui y travaillent figure Eurobio Scientific, qui est implanté en région francilienne. Ce leader dans son domaine a créé des appareils capables d'analyser jusqu'à 280 échantillons de sang par heure.

Selon les autorités sanitaires, il sera possible de renforcer les capacités de dépistage de la France grâce à cette dernière méthode. Elle permettra également de vérifier via des tests massifs, après la période de confinement, que le virus a vraiment disparu.

Quelques spécialistes français s'activent dans la fabrication de tests de diagnostic

Concernant le dépistage du Covid-19, l'Hexagone est équipé d'une vingtaine de tests de diagnostic basés sur la biologie moléculaire. La plupart proviennent de l'étranger, mais quelques entreprises françaises en produisent également. Parmi celles-ci figurent notamment le laboratoire AAZ et le spécialiste français du diagnostic in vitro bioMérieux.

Après avoir obtenu l'approbation de l'Institut Pasteur, le groupe Novacyt commercialisera aussi son test en France. La Food and Drug Administration (FDA) située outre-Atlantique l'a déjà validé, tout comme l'autorité sanitaire opérant en Angleterre (Public Health England). L'entreprise franco-britannique de biotechnologie a déjà exporté son test dans plus de 80 États. Les commandes reçues à l'international ont totalisé 19,6 millions d'euros à la fin du mois de mars dernier.