Le chiffre est issu d’une enquête réalisée dans l’enseignement supérieur. Celle-ci révèle ainsi que 5 % des étudiantes françaises auraient déjà été victimes d’un viol. Certaines d’entre elles affirment également avoir été agressées sexuellement. Bien souvent, l’auteur des violences est une connaissance de la victime. Abus d’alcool, manque d’éducation… les raisons du passage à l’acte sont nombreuses.

L'enquête a été menée par l'Observatoire étudiant des violences sexuelles et sexistes dans l'enseignement supérieur. Dans le cadre de son étude, celui-ci a ainsi sollicité la participation d'étudiants issus de différentes écoles supérieures en France.

Les résultats de l'enquête ont été publiés le 12 octobre dernier. Selon les auteurs, une étudiante sur vingt a avoué avoir déjà été victime d'un viol. Les victimes affirment ne connaître aucun dispositif d'accompagnement face à cette forme de violence. À rappeler à cet égard que certains organismes de mutuelle étudiante proposent une consultation de santé sexuelle. Le but étant d'aider les étudiants dans leur vie intime, affective et sociale.


Des établissements loin d'être égalitaires

Pour les auteurs de l'enquête, des dispositifs d'accompagnement existent, mais ils sont encore peu connus des victimes. En effet, plus de 25 % des étudiants interrogés ignorent si leur établissement en dispose. 18 % d'entre eux affirment que leur campus n'en dispose pas.

La perception des faits de violences sexistes diverge également. 35 % des hommes interrogés pensent que leur établissement est égalitaire. Seules 27 % des femmes partagent leur opinion. Selon l'étude, le nombre d'étudiants percevant leur campus comme sexiste augmente considérablement au cours du cursus. La prise de conscience des faits de violence se fait à mesure que les étudiants mènent leur vie dans le campus.

Quoi qu'il en soit, les violences semblent bien réelles. En effet, 5 % des étudiantes interrogées affirment avoir été déjà victimes de viol. 11 % d'entre elles auraient également été agressées sexuellement. Le chiffre s'établit à 5 % chez les hommes.

Une conséquence de l'effet de groupe

D'après les réponses avancées, les violences physiques sont souvent commises par des étudiants. Autrement dit, une connaissance ou un membre du cercle d'amis de la victime. Dans 56 % des cas, les viols ont eu lieu en soirée ou pendant un week-end en dehors du campus.


L'alcool et l'impunité seraient la cause des violences selon 18 % des répondants. Le manque d'éducation des étudiants se trouverait également à l'origine du passage à l'acte pour 18 % des personnes interrogées. 20 % d'entre elles l'attribuent à un effet de groupe.

En tout, 34 % des étudiants ayant participé à cette étude ont avoué avoir été abusés sexuellement. Dans 24 % des cas, l'alcool serait responsable.

Pour rappel, cette enquête a vu la participation d'étudiants issus d'une cinquantaine d'universités en France. De grandes écoles, prépas, BTS et DUT y ont également pris part. Il s'agit d'une étude menée uniquement en ligne, entre avril et décembre 2019. 10 381 réponses ont été obtenues en retour. Les femmes étaient majoritairement représentées, constituant 76 % des participants.