De nombreux étudiants se tournent vers les prêts bancaires pour financer leurs études supérieures. Ils comptent sur leur premier emploi pour les rembourser. Mais avec la crise sanitaire, l’insertion professionnelle devient de plus en plus difficile. Face à cette situation, plusieurs banques ont mis en place des mesures afin de faciliter le remboursement des prêts étudiants.

Chaque année, 300?000 étudiants souscrivent à un prêt étudiant, selon les données de La Banque Postale. Les sommes varient de 750 à 120?000 euros. Cela leur permet de faire face à leurs divers besoins tout au long de leur cursus universitaire. La mutuelle étudiant en fait partie.

À l'heure de l'épidémie de SARS-Cov-2, cet emprunt constitue pour eux une charge en plus. Avec ses retombées économiques, celle-ci complique la recherche de stages et d'emplois. Une situation qui n'a pas manqué de faire réagir Helno Eyriey, le vice-président de l'Union nationale des étudiants de France (UNEF). Ce dernier demande davantage de compréhension de la part des banques.


Les emprunts étudiants gardent un rythme croissant sur le marché

Dans un contexte normal, le taux d'intérêt appliqué pour les crédits étudiants s'élève généralement à 0,9 %. Il s'agit d'un produit d'appel majeur pour les établissements bancaires qui ne prévoient aucune restriction de leurs offres. Chez Crédit Agricole, le directeur marketing Pierre Metge affirme même que la banque est :

… sur un rythme annuel de +12 % d'octroi de prêts étudiants et il n'y a pas de consignes pour réduire cette croissance à l'échelle nationale.

Concernant La Banque Postale, son chef de produit prêts étudiants, Caroline Mindeau, observe un décalage des demandes. Si la saison débute tous les ans vers le mois de mai, cette année est différente. Les demandes n'ont afflué qu'aux mois de juillet et août à cause des bouleversements du calendrier académique. Du côté de Société Générale, aucune forte hausse des sollicitations n'a été constatée jusqu'au mois d'août.

Les banques ont adopté différentes mesures

Par rapport à cette situation, nombreuses sont les banques qui ont avancé des solutions. Aussi Société Générale propose-t-elle un accès plus facile à la modularité des mensualités et au report d'échéance. Ce qui semble d'autant plus intéressant avec une enveloppe de crédit garantie par BPI France doublée cette année. Cette dernière permet aux jeunes sans caution, de 27 ans au plus, d'emprunter jusqu'à 15?000 euros depuis 2014.

De son côté, La Banque Postale a présenté deux solutions différentes. Pour les emprunteurs supposés rembourser leur crédit à partir de mars, elle a offert une franchise en sus. Celle-ci peut s'étaler jusqu'à 6 mois. Elle a aussi opté jusqu'au 31 août pour des crédits avec les clauses suivantes :

  •  Une somme qui oscille entre 1 000 à 10?000 euros ;
  •  Un taux d'intérêt de 0,10 %.

Pour Crédit Agricole, des prêts à 0 % qui peuvent atteindre 5?000 euros ont été proposés. Concernant le délai de remboursement, un différé de 3 mois a été accordé pour une échéance de 4 ans.