Éloignés de leurs amis et de leurs familles, les étudiants vivent dans le tourment à cause du reconfinement. Entre les cours à distance et le travail, leurs vies s’avèrent désormais monotones. Quant aux soirées et aux sorties, ce ne sont plus que des souvenirs. Dans la solitude et l’anxiété par rapport à leur avenir, ils témoignent d’un moral affaibli.

Les étudiants figurent parmi les plus grandes victimes de la pandémie de Covid-19. Diverses études menées dévoilent à ce titre des chiffres globaux montrant l'effet du confinement sur leur psychisme. Aussi, 46 % d'entre eux estiment que leur santé mentale se dégrade. 14 % fument plus qu'auparavant, tandis que 18 % boivent plus d'alcool.

Depuis le début de la crise, une part importante (56 %) souffre de troubles du sommeil. D'après un sondage réalisé par Odoxa-CGI pour France Bleu, plus de la majorité (53 %) se sentent déprimés. Une affaire à suivre pour les acteurs dans le domaine de la mutuelle étudiant.


Des projets compromis par les contraintes

Les effets du reconfinement diffèrent d'un étudiant à un autre. Pour une étudiante en droit à Pau, c'est au niveau social que la crise se fait ressentir. Pour elle, rester motivée dans la solitude se révèle très difficile. De même pour un autre étudiant qui perçoit un grand décalage entre les cours à distance et le présentiel.

Une étudiante en troisième année de licence de STAPS partage la même opinion sur la question. Ça lui manque de ne pas pouvoir se retrouver en famille ou entre amis. Selon elle, les différentes contraintes liées à la crise sanitaire risquent de nuire à la construction de son réseau social. De plus, elles minent le moral des universitaires, car elles compliquent la réalisation de leurs projets.

Une situation non remarquée par le centre de santé de l'université qui n'enregistre aucun surplus de consultation pour l'instant.

Le temps de travail devient plus important que d'habitude

Le confinement a surtout apporté des journées routinières. Celles-ci se résument principalement à des heures passées devant l'ordinateur, si l'on se réfère aux propos d'un étudiant de l'Université du Maine. Ce dernier ne sort qu'une seule fois dans la journée pour rejoindre le restaurant universitaire. Comme beaucoup d'autres, il pense que c'est injuste de ne pas pouvoir sortir alors que les écoliers et les lycéens peuvent aller en classe.

Il indique par ailleurs qu'il endure un emploi du temps plus chargé qu'à l'accoutumée. Salarié à temps partiel dans un fast-food, il doit désormais conjuguer travail et cours à distance. Deux éléments de plus en plus difficiles à concilier dans la mesure où :

Les profs disent qu'on est tout le temps chez nous, donc on a le temps.