Les professionnels exerçant en officine témoignent de l’ampleur des escroqueries effectuées sur les prescriptions. Le Figaro rapporte aussi que falsifier les ordonnances fournies par les médecins traitants devient de plus en plus courant. Si cette pratique n’est pas décelée, ce sont les contribuables qui en paient les frais, aux côtés de l’Assurance Maladie.

Les patients ont recours à de nombreuses méthodes pour se procurer certains médicaments gratuitement ou moins cher. Certains parviennent à reproduire les ordonnances sur leur ordinateur, changeant certains détails comme la date de délivrance. D'autres subtilisent tout simplement une prescription en se rendant chez leur médecin.

Quels médicaments remboursés par la caisse d'assurance maladie sont particulièrement concernés par ces falsifications ? Comment les pharmaciens s'y prennent-ils pour repérer les contrevenants ? Quelles mesures le gouvernement compte-t-il prendre pour y remédier ? En guise de rappel, celui qui falsifie une ordonnance médicale encourt une sanction de 5 000 euros qu'il doit débourser auprès de la Sécurité sociale.

De lourdes sanctions attendent les individus qui se procurent des médicaments illégalement

D'après une enquête Ordonnances suspectes, indicateurs d'abus possible (Osiap) réalisée en 2017, plusieurs médicaments ont particulièrement fait l'objet d'usages de faux. Il s'agit de produits analgésiques, anxiolytiques et hypnotiques. Ceux dont le principe actif contient de la codéine sont particulièrement convoités par les fraudeurs. Lorsqu'ils sont mélangés avec des boissons alcoolisées, ils deviennent des substances euphorisantes particulièrement nocives pour la santé.


Toute personne qui se procure un médicament (quel qu'il soit) en délivrant une fausse ordonnance risque jusqu'à 5 ans de prison. Elle devra aussi s'acquitter d'une amende qui peut aller jusqu'à 375 000 euros, selon le Code pénal. Quant à la complémentaire santé, elle peut exiger du coupable le remboursement de l'argent qui lui a été remis jusque-là. Elle peut même procéder à la résiliation du contrat d'assurance santé du fraudeur.

L'e-prescription comme solution aux tentatives de fraude ?

Digitaliser les ordonnances est censé remédier au problème. Cette mesure devant être mise en place d'ici 2022 s'inscrit dans la volonté de transformer le système de santé. Elle a été dévoilée en Conseil des ministres le 13 février 2019.

En plus de diminuer les risques de falsification, ce projet vise à simplifier la fourniture et le partage de l'ordonnance aux acteurs de santé. Encore faut-il qu'il soit possible de rapprocher le document électronique avec la prescription écrite à la main. C'est ce qu'indique le directeur de l'Observatoire français des médicaments antalgiques, Nicolas Authier, à la presse.

En tout cas, les pharmaciens, avertis, sont en mesure d'identifier des fraudeurs. Interrogé par France 3, un professionnel précise qu'il suffit d'un interrogatoire ciblé pour conclure que les doses ne sont pas utilisées dans les règles. Il arrive aussi de constater que l'usage d'un médicament n'est pas conforme à sa destination.