À l’issue de l’année 2020, les mutuelles, les assureurs et les institutions de prévoyance se sont frotté les mains. En effet, l’année dernière, elles ont réalisé d’énormes économies sur les remboursements de soins. Mais en dépit de ce joli butin, il semblerait qu’elles vont encore augmenter leurs tarifs pour cette année.

Lors du premier semestre, les trois familles de complémentaire santé ont vu leurs charges en matière de remboursements se réduire considérablement, grâce au premier confinement. En effet, à cause des restrictions sanitaires, il n'y a presque pas eu de consommations de soins. D'après le chargé des comptes de l'État, les économies que les assureurs ont réalisées s'élèveraient à plus de 4 milliards d'euros. Et même si le gouvernement en a prélevé une partie pour renflouer les caisses de l'assurance maladie, qui au contraire a accusé de lourdes pertes, il restait encore aux mutuelles un joli butin.

Les associations de consommateurs s'attendaient ainsi à une diminution de leurs tarifs en 2021, mais comme les années précédentes, ils vont encore augmenter.


Une inflation de 4,3 % selon l'UFC-Que-Choisir

L'UFC-Que-Choisir tape du poing sur la table. L'association de protection des consommateurs s'indigne que les tarifs des complémentaires santé soient encore en hausse cette année alors que la crise sanitaire leur a été favorable. D'après elle, les prix qui seront appliqués cette année s'accroitront de 4,3 %.

Pour établir ce chiffre, le défenseur des droits de consommateurs a étudié 623 contrats individuels, provenant de 123 distributeurs d'assurance complémentaire. Leur calcul a révélé une inflation médiane qui, comme a tenu à souligner l'organisme de protection, est trois fois supérieure au pouvoir d'achat des Français.

Avec cette augmentation, il faudra donc compter un surcoût de 79 euros en moyenne. Un cinquième des assurés pourrait même avoir à payer jusqu'à 200 euros supplémentaires. Pour expliquer cette hausse des tarifs, l'UFC-Que-Choisir a une théorie :

Tout laisse à penser que certains organismes ont délibérément choisi de répercuter sur les assurés la taxe Covid, alors même que son montant est inférieur aux économies réalisées !

À titre de rappel, en effet, les complémentaires ont déjà versé un milliard d'euros au gouvernement à titre de contribution exceptionnelle, en attendant un éventuel deuxième versement.

La réponse de la FNMF

La Fédération nationale de la Mutualité française (FNMF) a rapidement réagi suite aux déclarations de l'UFC-Que-Choisir. Bien qu'elle concède que les tarifs des complémentaires allaient augmenter cette fois encore, elle rétorque que l'inflation ne serait pas de l'ordre annoncé par l'association de protection des consommateurs. En effet, la FNMF indique que selon son étude, l'évolution moyenne des cotisations serait de 2,6 %. Pour obtenir ce chiffre, elle a enquêté auprès de ses quelque 32 mutuelles adhérentes, lesquelles couvrent environ 13,9 millions de français.


Une différence au niveau de la méthode de calcul adoptée par les deux parties pourrait expliquer l'écart entre leurs résultats. Toujours est-il que les tarifs vont donc officiellement augmenter en 2021.

À la FNMF d'expliquer que cette hausse des prix est due à un rattrapage des soins non effectués en 2020 à cause de la crise sanitaire. Sur ce point d'ailleurs, elle s'attend à un rattrapage massif qui risque d'entrainer une explosion des dépenses de santé. La Fédération n'a également pas nié que la taxe Covid a influé sur les nouveaux tarifs.