Les complications survenant durant la grossesse peuvent encore se répercuter sur la santé des parturientes, même des années plus tard. C’est ce qu’a démontré une étude menée par des chercheurs du King's College de Londres. Celle-ci a, en effet, révélé qu’une hypertension artérielle gravidique peut, dans la plupart des cas, augmenter les risques de troubles cardiovasculaires. Et ce, quel que soit l’âge des concernées.

Première cause de mortalité dans le monde, les troubles cardiovasculaires se trouve en deuxième position dans le classement des pathologies les plus mortelles en France, derrière les cancers. Outre les antécédents familiaux, nombreuses sont les sources imputables à cette maladie, notamment la pollution atmosphérique, un mode de vie malsain, l’obésité, le diabète, l’hypercholestérolémie et l’hypertension artérielle (HTA).

À ce propos, la revue Circulation a publié tout récemment une étude affirmant que souffrir d’une HTA au cours de la grossesse ouvre la voie à des risques ultérieurs de maladie cardiaque ou d’accident vasculaire cérébral (AVC).

Certes, ceux-ci peuvent ne survenir que plusieurs années après l’accouchement, mais un dépistage précoce est de mise, tout comme une minutieuse suivie, afin d’éviter les mauvaises surprises.


Le dépistage des femmes à optimiser

Le cliché de gros fumeurs hypertensifs, de plus de 50 ans, en situation de surpoids, a longtemps sous-estimé l’ampleur des troubles cardiovasculaires chez les femmes. Une vision qu’une étude publiée dans la revue scientifique hebdomadaire Circulation entend changer.

En effet, il a été démontré que les parturientes ayant souffert d’HTA gravidique doivent se faire diagnostiquer, le plus tôt possible, d’éventuelles complications au niveau de leur cœur et de leurs vaisseaux sanguins. D’autant que les dépenses y afférentes sont moins lourdes en cas de détention d’une couverture complémentaire santé.

Pour arriver à cette recommandation, des chercheurs du King’s College London ont analysé des dossiers de santé durant deux décennies (de 1997 à 2016). L’opération leur a permis d’élaborer un groupement de 1,3 million de femmes couvrant 1,9 million de grossesses environ. 18 624 troubles cardiovasculaires ont été enregistrés durant ce laps de temps, entre autres des AVC, des crises cardiaques ou des insuffisances coronariennes. Et le plus frappant, c’est que 65% des victimes n’ont pas encore atteint leur 40ème anniversaire.

Les enceintes hypertendues courent ultérieurement plus de risques

Durant l’étude, une corrélation entre la pré-éclampsie et le développement de maladies cardiovasculaires a été établie. En effet, les risques sont plus élevés chez les femmes ayant souffert de troubles hypertensifs que chez celles qui ont vécu leur grossesse sans incidents majeurs, et ce, quelle que soit leur tranche d’âge. Aussi, les premières sont-elles exhortées à se montrer plus attentives sur ce sujet.


Concrètement, le développement d’une hypertension chronique est de 4,5 fois plus rapide chez elles. Tout comme les risques de décès suite à cette pathologie sont de deux fois plus supérieurs. Aux chercheurs de souligner :

« Ce qui se passe pendant la grossesse a des conséquences à vie sur la santé de la mère. En examinant les événements durant la grossesse, nous pourrions avoir une occasion d'identifier les femmes à risque plus élevé de maladie cardiovasculaire et leur proposer des interventions précoces après, pour tenter de réduire ce risque ».

Par ailleurs, il faut savoir que l’hypertension artérielle gravidique est un problème de santé des plus fréquent, du moins c’est ce que révèle la Sécurité sociale. En effet, 5 à 10% de femmes enceintes ont en souffert en France. Or, les impacts de ce trouble sont des plus néfastes tant pour la mère que pour l’enfant. Pour ce dernier, les risques de retard de croissance intra-utérin sont élevés, tout comme ceux afférents au déclenchement précoce de la naissance.