En moyenne, 1,5 kilogramme de médicaments non utilisés est jeté par un Français tous les ans. C’est ce que révèle l’Institut international de recherche anti-contrefaçon des médicaments (IRACM). En 2018, la quantité de médicaments gaspillés par habitant s’établit à 162 grammes selon l’association. Un texte de loi vient d’être validé par l’Assemblée nationale pour pallier cette situation.

Alors que dans de nombreux pays comme l’Angleterre ou les États-Unis, les pharmacies fournissent des médicaments à l’unité aux clients, ce n’est pas encore le cas dans l’Hexagone. Or, la fréquence à laquelle les patients doivent prendre leurs médicaments est toujours stipulée dans l’ordonnance prescrite par leur médecin traitant.

En tout cas, les échanges sur la loi anti-gaspillage continuent (ou redeviennent à l’ordre du jour). Les officines finiront-elles par tenir compte des besoins exacts de chaque client lors de la délivrance des gélules et des comprimés ? Les professionnels de la mutuelle s’adapteront-ils à cette pratique ?

Une mesure moins respectueuse de l’environnement et plus onéreuse ?

Engagée au départ par Marisol Touraine, l’ancienne ministre de la Santé, la mesure anti-gaspillage stipule que l’achat de certains médicaments peut être effectué à l’unité. Encore faut-il que la forme sous laquelle ils sont délivrés permette d’envisager cette possibilité. Si l’amendement en question est maintenu, cette solution sera appliquée à partir du 1er janvier 2022 au plus tard, au détriment de la filière pharmaceutique.


Les pharmaciens distribueront-ils des médicaments en vrac dans des sacs en papier ? Les entreprises du médicament (Leem) ne manquent pas de préciser que remplacer les blisters traditionnels revient à produire 30 % de déchets en plus.

Avant l'application de la mesure, l’exécutif se mettra d’accord avec les professionnels du secteur. D’ailleurs, il a pris en considération les inquiétudes des officines dans la semaine du 9 décembre 2019, comme le confirme la secrétaire d'État à la Transition écologique, Brune Poirson.

Leem dénoncent l’incompatibilité avec certaines directives européennes

Avant d’avoir pris une quelconque initiative, les pouvoirs publics se sont basés sur une expérimentation effectuée entre 2013 et 2017. Menée dans quatre régions, celle-ci a porté sur la fourniture d’antibiotiques à l’unité.

D’après l’INSERM, une diminution de 10 % des volumes fournis aux consommateurs a été observée. L’organisme ajoute que la durée des traitements a été davantage respectée. Il reste à savoir si ces mêmes résultats seront constatés dans la réalité. Dans un premier temps, seulement une poignée d’antibiotiques seront impliqués, à en croire l’amendement formulé par le gouvernement.

Quoi qu’il en soit, Leem avancent que la décision de délivrer les médicaments à l’unité pour éviter les gaspillages est incompatible avec la mesure prise à l’échelle européenne. Cette dernière concerne la traçabilité du médicament. Le syndicat rappelle que le marquage des boîtes de médicaments est un gage de leur authenticité et de leur intégrité.