La réforme 100 % santé est déployée progressivement depuis 2019. Si le reste à charge zéro est censé être atteint en 2021, quelques freins à sa mise en place ont été relevés. Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, a ainsi réuni les mutuelles en février 2019 pour leur demander de clarifier les garanties qu’elles proposent.

Le succès de la réforme 100 % santé repose en partie sur l'organisation dont les complémentaires santé feront preuve. Cela dit, leur contribution joue également un rôle important. Ayant participé aux états généraux du mois de février 2019, elles se sont convenu de la signature d'un accord de place national.

Il est notamment question d'harmoniser les garanties santé. Cette démarche s'inscrit dans la volonté de faciliter l'accès aux soins des populations en rendant les contrats davantage lisibles. En effet, à l'heure actuelle, certaines personnes préfèrent renoncer à souscrire une mutuelle lorsqu'elles ne comprennent pas les conditions des garanties.

Une estimation plus réaliste des remboursements avec les nouvelles pratiques ?

Les assurés n'assimilent pas les termes techniques, y compris les vocables les plus utilisés comme la base de remboursement de la Sécurité sociale. Ils doivent aussi être informés sur ce que sont le tarif de convention ou encore le tarif de responsabilité.


Par ailleurs, il leur arrive de se perdre dans les diverses abréviations, tout comme dans les estimations des sommes prises en charge par les acteurs de santé en pourcentage. Avec la nouvelle méthode fixée d'un commun accord par les mutuelles santé, les ménages seront davantage à même de faire une estimation du tiers payant.

Ainsi, ils pourront préalablement comparer les tarifs proposés sur le marché avant de choisir la formule qui leur convient le mieux. L'examen des contrats se basera, dans ce cas, sur des critères fixes.

Les clauses actuelles manquent gravement de clarté

Comprendre le contenu des contrats d'assurance et ce qu'il implique peut constituer une tâche particulièrement compliquée pour de nombreux assurés. En dehors des tentatives d'interprétation des textes sur le plan juridique, ils peuvent aussi rencontrer des difficultés sur la compréhension des démarches administratives. Les consommateurs doivent composer avec les particularités du dispositif de couverture santé toujours grandissantes.

C'est la raison pour laquelle, sous l'égide de la ministre de la Santé, le Comité consultatif du secteur financier incite les complémentaires santé à unifier les garanties proposées aux clients. D'ici un an, certains détails comme le délai de carence devront faire l'objet d'une harmonisation. Celle-ci fera-t-elle l'unanimité auprès des professionnels du secteur ? Il faut noter que ces derniers risquent de répercuter sur leurs tarifs les coûts liés au reste à charge zéro.