Un récent bilan de l’Assurance maladie révèle que les remboursements des soins de ville ont augmenté de 15 % entre le 1er janvier et le 31 août 2021 sur un an. La hausse est principalement attribuée à celle des soins de spécialistes, notamment dans le dentaire, dans un contexte de rattrapage post-Covid.

Explosion des dépenses spécialisées et de dentisterie

D'après la Caisse nationale de l'Assurance maladie (CNAM),

Sur les 8 premiers mois de 2021, les dépenses de soins de ville ont enregistré une hausse de 15 % par rapport à la même période en 2020.

Sur 12 mois glissants, le taux de progression est légèrement inférieur, à 13,7 %. En cause :

Un bond de 16,9 % des soins médicaux et dentaires du fait d'un rattrapage des prestations non réalisées pendant la crise, notamment pendant les épisodes de confinement.

C'est dans le dentaire que la plus forte progression est observée avec +29,8 % sur les 8 mois et +22,7 % sur les 12 mois précédents, les cabinets ayant été fermés pendant plusieurs mois. Les spécialistes font le même constat avec des remboursements de soins en hausse 17,0 % entre janvier et août, contre 12,6 % d'août 2020 à août 2021. Le mouvement est moins marqué du côté des généralistes, dont le niveau d'activité a été plus ou moins préservé. Néanmoins, la tendance est à un accroissement sur 8 mois (+5,2 %) et sur un an (+2,2 %).


La dynamique est également exceptionnelle pour les soins d'auxiliaires de janvier à août 2021 sur un an (+19,3 %), en particulier ceux de masso-kinésithérapie (+31,0 % sur 8 mois et 21,2 % sur 12 mois). D'après l'Assurance Maladie, les prélèvements des tests PCR et antigéniques et les révisions de tarifs spécifiques expliquent une augmentation de 12,9 % des dépenses de soins infirmiers.

13,7 % des dépenses du régime général

La CNAM note également une nette remontée des remboursements de soins de ville (+7,4 %) entre 2019 et 2021,

Tirés par la biologie (+48,8 %).

Les dépenses pour des médicaments évoluent de +7,1 %, ceux délivrés en ville sur les 8 premiers mois de l'année affichant une hausse de 14,4 % sur un an et de 11,5 % sur 12 mois glissants, principalement en raison des tests antigéniques effectués en pharmacie.

En intégrant la rétrocession hospitalière, qui varie de + 9,8 % sur 8 mois et 8,2 % sur 12 mois, les versements liés aux médicaments s'alourdissent de 14,0 %.

La CNAM conclut à une hausse de 13,7 % en rythme annuel pour les dépenses du régime général,

Auxquelles s'ajoute la part des organismes de mutuelle santé, dont les comptes ont également viré au rouge en raison de la pandémie. Les établissements de santé privés ont reçu 20,8 % en plus, contre 18,1 % et 11,3 % respectivement pour les EMS et les établissements publics.

En revanche, les indemnités journalières sont en baisse de 9,9 % sur un an pour période janvier à août 2021 et de 3,3 % sur l'année écoulée. Selon l'Assurance maladie,

Cet écart important est dû à l'instauration des indemnités dérogatoires à partir de mars 2020.

Ces versements, qui concernaient les arrêts de travail de parents dont l'enfant a été testé positif à la Covid-19 et les personnes vulnérables, ont atteint des pics l'an dernier.