Au cours des huit premiers mois de 2020, on a enregistré une baisse significative des tentatives de suicide en France. Mais depuis l’automne dernier, la tendance s’est inversée, particulièrement chez les jeunes adultes et les enfants. Le psychiatre Frédéric Jollant redoute une catastrophe comme celle survenue en 2003 lors de la pandémie du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère).

Les jeunes sont au plus mal psychologiquement en cette période de crise sanitaire. En effet, de plus en plus d'étudiants sont en proie à une détresse psychologique depuis le début de l'épidémie du covid-19. En témoigne la nette hausse du nombre d'appels aux centres antipoison (CAP) ces derniers mois. Pour essayer de soulager les maux de ces jeunes, des enseignes de mutuelle étudiant leur ont proposé de consulter gratuitement des psychologues ou des psychiatres.

À savoir que les étudiants ne semblent pas être les seuls concernés, bon nombre d'adolescents et même d'enfants auraient aussi des idées suicidaires. Les signaux de mal-être se seraient accentués depuis le début de l'année.

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Revirement à l'automne 2020

Dominique Vodovar, médecin au CAP de Paris, indique que les appels journaliers pour tentative de suicide (TS) ont nettement diminué lors du premier confinement au printemps 2020, mais il est en hausse globale depuis l'automne dernier et bien plus encore depuis janvier 2021, notamment chez les 12-24 ans.

Le praticien note que le nombre de tentatives et d'actes réels affichait une tendance baissière ces dernières années. Ce revirement résulte bien évidemment du climat anxiogène entrainé par la pandémie du covid-19 qui a accentué les fragilités psychologiques. Mais selon la pédopsychiatre, Richard Delorme, ce mal-être résulterait également d'autres facteurs, tels que l'inquiétude écologique et les menaces d'attentat.

Toujours est-il que le stress s'accentue chez les jeunes après des premiers mois pourtant encourageants de l'année dernière. En effet, le psychiatre Frédéric Jollant a révélé que du 1er janvier au 31 août 2020, le programme de médicalisation des systèmes d'information (PSMI) notait une baisse des actes d'automutilation. Quoique l'exploitation des données jusqu'au 31 décembre 2020 fait état d'un net rebond des gestes suicidaires.

De janvier à août 2020, PSMI a enregistré 53 584 hospitalisations pour gestes auto-infligés chez les 10 ans et plus, soit une baisse de 8,5 % par rapport à la même période en 2019. Au professeur Jollant de rajouter :

Mais je crains que depuis l'automne 2020, on soit entrés dans une autre période de souffrance psychique.

Des indicateurs trompeurs

Frédéric Jollant s'inquiète de cette exacerbation des détresses psychologiques. Il redoute notamment une vague de suicides comme ce fut le cas lors des pandémies antérieures, comme celle du syndrome respiratoire aigu sévère survenu en 2003. Le professeur Jollant est d'autant plus inquiet, car selon lui, les indicateurs actuels ne sont pas assez performants pour permettre de rendre compte en temps réel les gestes suicidaires à l'échelle de la population française. Il explique que les tentatives de suicide sont sous-notifiées dans les hôpitaux, les médecins classant les TS dans la catégorie des pathologies psychiatriques au lieu des actes suicidaires.

Le psychiatre rajoute qu'émettre une estimation fiable sur la détresse psychologique chez l'ensemble de la population française s'avère actuellement difficile, car lorsque les blessures auto-infligées sont peu sévères, les victimes ne sont pas hospitalisées. Ainsi, si aujourd'hui on estime à 200 000 le nombre de tentatives de suicide dans l'Hexagone, cette approximation pourrait aller bien en deçà de la réalité selon Frédéric Jollant.