En 2018, selon un rapport de la Drees, les frais de gestion des complémentaires santé ont atteint 7,5 milliards d’euros. Un montant qui est nettement plus élevé que celui de la Sécurité sociale. Cette dernière assume pourtant plus de dépenses que les organismes complémentaires. Mais le poids des démarches administratives ou des stratégies d’acquisition client fait souvent la différence.

En France, la prise en charge d’un patient pour ses problèmes de santé est répartie entre la Sécurité sociale et les organismes complémentaires, qui comprennent les mutuelles, les assurances santé ainsi que les institutions de prévoyance. Concrètement, cette répartition attribue à la Sécurité sociale la plus large part des dépenses de santé.

Les complémentaires santé ne gèrent, quant à elles, que 13,4 % de ces dépenses, sur un montant total de 280 milliards d’euros. Mais étonnamment, les mutuelles et les assurances assument des frais de gestion largement plus élevés que la Sécurité sociale, jusqu’à 6 fois plus élevés. Différents paramètres expliquent cette différence.


Des frais administratifs plus importants chez les mutuelles

Les démarches administratives font partie des postes de dépenses que doivent assumer les complémentaires santé et la Sécurité sociale, et qui font la différence entre elles. Les frais générés par ces démarches étant particulièrement élevés pour les organismes complémentaires.

En effet, leur taille réduite ne permet pas aux mutuelles de bénéficier d’une économie d’échelle, autant que la Sécurité sociale. De plus, chaque contrat conclu et résilié soulève des frais administratifs pour les deux organismes, le premier impliqué dans la résiliation et le second pour la signature du nouveau contrat. En moyenne 8 % des cotisations sont donc mobilisés pour ces frais administratifs.

À ceux-ci s’ajoutent les frais liés à l’acquisition client, qui représentent également 8 % des cotisations. En effet, contrairement à la Sécurité sociale, les assurances et les mutuelles doivent faire face à une concurrence permanente. Afin d’attirer de nouveaux clients, elles doivent investir dans des actions marketing, des campagnes publicitaires et parfois, rémunérer des intermédiaires. Des postes de dépenses inexistants pour la Sécurité sociale et qui font augmenter les frais de gestion des organismes privés.

Environ 50 % d’augmentation en 10 ans

Leur fonctionnement, qui diffère de celui de la Sécurité sociale, se trouve ainsi à l’origine de frais de gestion plus élevés chez les assurances et les mutuelles qui s’occupent alors des remboursements non pris en charge par la première. Elles peuvent même parfois intervenir pour des garanties complémentaires telles qu’une prévention. Les garanties proposées et le tarif varient toutefois d'un organisme à un autre. Pour être fixé, le client peut demander un devis mutuelle avant la souscription.


D’ailleurs, les garanties proposées par les mutuelles et les assurances se sont élargies au cours de ces dernières années. Le gouvernement leur a notamment confié le remboursement de certains soins et médicaments exclus de la prise en charge de la Sécurité sociale, ou la mutuelle obligatoire destinée aux salariés, depuis 2016.

Son objectif étant d’alléger les dépenses de l’Assurance Maladie. Une mesure qui pourrait se répercuter sur les assurés. La hausse des frais de gestion entraîne en effet une augmentation des tarifs.

En outre, en plus des dépenses liées à leur fonctionnement, certains organismes doivent également payer des actionnaires. En 10 ans, une hausse d’environ 50 % de leur part de frais de gestion a ainsi été observée chez les organismes complémentaires, alors que la Sécurité sociale a vu les siens diminuer.