Les Français sont encore hésitant face à l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la médecine

L’e-santé intéresse peu les Français. C’est ce qui ressort d’une enquête menée par l’Hôtel-Dieu et l’université de Paris Descartes. Le peu d’intérêt qu’ils portent à la téléconsultation en est la preuve. À quelque mois à peine du délai que l’exécutif s’est fixé pour atteindre le nombre maximum d’utilisateurs, ils sont encore très peu à s’y être lancés, alors que certaines mesures ont été adoptées afin de les encourager.

Et la situation est d’autant plus alarmante lorsqu’il s’agit de l’usage des principaux outils destinés à une automatisation complète des services. Différentes raisons seraient à la source de cet attentisme, bien que certains individus y voient quand même des points positifs.


Encore loin du compte

La mise en place d’un système numérique permettant la consultation et la participation des usagers figure parmi les priorités principales du gouvernement français dans le cadre de sa stratégie nationale e-santé 2020.

L’exécutif mise d’ailleurs sur la vulgarisation de la téléconsultation pour y arriver. Il s’est même fixé l’objectif d’atteindre le seuil des 500 000 utilisateurs pour 2019. Et afin d’encourager au mieux les Français, les frais liés à l’usage de cet outil sont en partie remboursés par la Sécurité Sociale si le reste à charge est couvert par un complémentaire santé dans l’optique où le patient est affilié à une mutuelle. Et ce, depuis septembre de l’année dernière.

Seulement, tout semble indiquer que ces efforts ne semblent pas porter les résultats escomptés. À presque six mois du délai qu’il s’était accordé, l’État n’a jusqu’ici enregistré que 11 500 consultations effectuées à travers ces plateformes numériques.

Différentes raisons en seraient la cause si l’on croit les résultats de l’enquête initiée par l’Hôtel-Dieu et l’université de Paris Descartes qui a mis en exergue trois motifs principaux :

  • Remplacement inapproprié de l’intelligence humaine ; 
  • Risques importants de piratage des données personnelles ; 
  • Mauvais usage des données de santé par des tiers.

La situation bloque de partout

Il va sans dire que les Français sont encore loin de s’intéresser à la téléconsultation. Mais il faut dire que la situation bloque de partout. Les résultats du sondage de l’Hôtel-Dieu et l’université de Paris Descartes en sont la preuve en portant leurs études sur l’usage de quatre outils utilisant l’intelligence artificielle. Entre autres :

  • Les outils d’analyse de photographies ; 
  • Les capteurs connectés ; 
  • La chemise connectée et un robot destinés respectivement à évaluer les cancers de la peau, les maladies chroniques, les soins kinésithérapiques et les urgences vitales.

Il en ressort que seuls 3 % des personnes questionnées seraient prêts à accepter l’automatisation complète de ces processus. Pour 35 %, il est tout simplement hors de question de s’y soumettre si 41 % sont disposés à tenter le coup avec l’unique condition qu’un humain soit au contrôle des machines.

Quoi qu’il en soit, cette enquête a permis de constater que la perception de ces nouvelles technologies n’est pas tout à fait négative auprès de la population. Certains individus moins récalcitrants y voient des points positifs en soutenant que le système offre la possibilité :

  • D’améliorer leur suivi et la réactivité des soins ; 
  • De réduire le fardeau de leur traitement ; 
  • De faciliter le travail des soignants.