Les États-Unis ont enregistré 54 décès, en l’espace d’un semestre, dont les causes seraient liées à l’usage de cigarettes électroniques. Un chiffre alarmant qui met le vapotage sur la sellette même si les difficultés respiratoires ont maintenant affiché une tendance baissière. Le fait est qu’il a été scientifiquement prouvé que certaines substances toxiques contenues dans les recharges altèrent les poumons.

L’e-cigarette est reconnu comme étant une aide au sevrage tabagique, étant donné qu’elle fonctionne comme un substitut à la cigarette d’origine. Certes, il manque toujours des données scientifiques solides pour prouver sa réelle efficacité, mais l’on peut dire que les vapoteurs sont nombreux à en être convaincus.

Sa notoriété ne l’empêche pas pour autant de devenir actuellement un sujet de débats, surtout depuis le mois de juin où une cinquantaine de patients ont succombé, aux États-Unis, à la suite de pathologies pulmonaires.

Un phénomène qui s’expliquerait par la présence de constituants nocifs dans l’e-liquide, notamment l’acétate de vitamine E. Une révélation qui pousse d’ailleurs les autorités françaises à raffermir davantage leurs réglementations en ce qui concerne la production et la consommation du produit.


La vitamine E, principale responsable des problèmes respiratoires

Les cigarettes électroniques aromatisées ont été interdites à New York septembre dernier. Une initiative prise par les autorités de l’État suite au pic du nombre de personnes concernées enregistré ce mois-là. Le but étant d’endiguer l’épidémie de maladie pulmonaire qui touche pas moins de 2 500 Américains depuis juin, causant même la mort de 54 patients, à ce jour.

Certes, les données statistiques révèlent aujourd’hui une baisse tendancielle, mais le pays demeure en état d’alerte. D’autant qu’en novembre, une étude a mis en avant des preuves concernant la dangerosité de l’e-cigarette. Des révélations auxquelles s’ajoutent les résultats d’une recherche des CDC (centres américains de contrôle et de prévention des maladies), publiés le 20 décembre par le New England Journal of Medicine.

Interrogée par Bloomberg, la directrice adjointe des CDC, Anne Schuchat a affirmé le fait que c’est l’acétate de vitamine E, ingérée par les vapoteurs, qui a occasionné les difficultés respiratoires pour la majorité des patients (48 individus sur les 51 observés). Bien qu’il soit encore quelque peu difficile de comprendre le mécanisme liant la présence de cette substance avec les lésions pulmonaires.

Une production et une distribution fermement encadrées

Trois millions, c’est le nombre d’individus qui vapotent actuellement en France. Un chiffre en hausse tandis que celui afférent aux fumeurs a nettement diminué. Ce, notamment grâce à la prise en charge des dépenses liées au sevrage tabagique, dont les conditions peuvent être plus intéressantes avec l’aide d’un devis mutuelle.


Des vapoteurs qui, malgré le vent d’inquiétudes qui souffle outre-Atlantique, restent quand même confiants de la qualité des produits mis en vente dans le pays. Comme l’a déclaré sur Franceinfo le dirigeant de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire), Roger Genet :

« Leur composition n’a rien à voir avec ceux commercialisés dans d’autres parties du monde. »

L’agence SPF (Santé publique France) souligne également que :

« Aucun décès n’a, à ce jour, été signalé, ni aucun phénomène épidémique. »

À préciser que dans l’Hexagone, la loi oblige tous les fabricants à déclarer tous les constituants de leurs produits. Alors que ce sont les recharges illicites, comme celles contenant du THC – l’un des principaux cannabinoïdes présents dans le cannabis – qui contiennent de l’acétate de vitamine E. Outre les réglementations strictes, un dispositif de signalement est aussi mis en place pour les cas de pneumopathies sévères occasionnées par le vapotage.

Ce qui n’efface pas pour autant les dangers liés à l’usage des cigarettes électroniques. En effet, une autre étude a révélé le 16 décembre dernier que, quelle qu’en soit la cause, les risques de développer des maladies pulmonaires, dont les ALD (asthme, bronchite, broncho-pneumopathie chronique obstructive) sont plus élevés de 30% chez les vapoteurs que chez les fumeurs. Ceux-ci sont triplés pour ceux qui jonglent entre les deux. D’après le professeur Stanton Glatz, directeur du centre de recherche sur le tabac de l’université de Californie :

« Nous avons conclu que les e-cigarettes étaient nocives en elles-mêmes, avec des effets qui se produisent indépendamment de la consommation de tabac conventionnel. »