Si la notoriété de la 5G est on ne peut plus confirmée dans les médias, la France semble quelque peu à la traine quant à son déploiement. Cette latence s’explique par la volonté des pouvoirs publics à bien étudier, sous toutes les coutures, les éventuels risques y afférents, notamment en ce qui concerne l’exposition à des champs électromagnétiques.

L'avènement du numérique et les avancées technologiques qui en découlaient ont, sans conteste, apporté de grandes réformes dans bien de domaines. Ce qui explique l'enthousiasme des consommateurs quant à l'arrivée de la 5G. Toujours est-il que contrairement aux Chinois, aux Coréens, aux Finlandais, voire aux Lesothans, le peuple français doit encore devoir patienter quelques années avant de pouvoir en profiter.

Et pour cause, certains questionnements portant notamment sur d'éventuels effets sur la santé doivent être d'abord élucidés, ce, à la demande des ministères de la Santé, de l'Écologie et de l'Économie. Missionnée par ces derniers, l'Anses devrait rendre, d'ici 2021, un rapport sur les effets de l'exposition de la population à l'électrosmog. En attendant, les résultats préliminaires ont été établis le 20 janvier dernier.

Des sentiments partagés sur l'avènement de la 5G

L'impact des radiofréquences sur la santé et sur l'environnement suscite toujours des débats. À cela s'ajoute la cancérogénicité des rayonnements électromagnétiques suite au classement effectué par l'OMS.


Un fait pour le moins inquiétant même si nul n'est sans savoir que le cancer se soigne plus facilement actuellement grâce aux avancées technologiques et que les traitements sont remboursables. Les détenteurs de complémentaire santé s'en tirent même à bon compte, à condition toutefois d'avoir eu recours à un devis mutuelle avant de fixer leur choix sur les garanties proposées par leur assureur.

La 5G est, de ce fait, accueillie avec des sentiments partagés. Avec l'engouement se conjuguent également quelques craintes. Plusieurs scientifiques, 171 plus précisément et provenant de 37 pays, ont notamment demandé un ajournement de son déploiement en raison de ces incertitudes en septembre 2017. Ce qui justifie la nécessité du gouvernement français de lancer préalablement une étude afin d'être mieux fixé.

Celle-ci, portant sur les niveaux d'exposition du public aux ondes et les conséquences y afférentes, sera menée par l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) qui a mobilisé plusieurs spécialistes en biologie, toxicologie, épidémiologie et biophysique sur le sujet. L'établissement a néanmoins tenu à souligner :

La nécessité de disposer du maximum d'informations techniques de la part des industriels impliqués afin d'être capable de définir des scénarios d'exposition des populations, en collaboration avec l'Agence nationale des fréquences (ANFR), et d'évaluer l'impact sanitaire éventuel.

Un rapport préliminaire pour avoir déjà une vision plus clarifiée

Les résultats de l'étude ne sont pas pour tout de suite. L'Anses déposera son rapport courant le premier trimestre de 2021. Cependant, des avis ont été établis en avant-goût afin de permettre aux pouvoirs publics d'avancer. À savoir, deux champs d'évaluation ont été mis en exergue, qui n'est autre que les bandes de fréquence utilisées pour la 5G tournant autour de 3,5 et 26 Gigahertz.


Leurs modalités d'exposition étant distinctes, il existe encore peu de données scientifiques sur les impacts liés à l'exposition aux basses fréquences. Quant à celles plus élevées (entre 20 et 60 GHz), l'on peut en puiser plusieurs dans la littérature. Que les experts vont analyser tandis que pour les premières, ils vont se baser sur les travaux d'expertise antérieurs concernant les générations précédentes de réseau mobile dont les bandes utilisées oscillent entre 0,8 et 2,45 GHz.

Quoi qu'il en soit, les recherches vont se poursuivre. Au chef de l'unité Agents physiques, nouvelles technologies et grands aménagements de l'agence, Olivier Merckel, toutefois d'encourager les opérateurs à fournir de plus amples informations sur :

  • Le type d'antennes à déployer ;
  • Leur puissance ;
  • Leur direction.

À rappeler que le 20 décembre dernier, le chercheur à l'INSERM de Rennes Yves Le Dréan a émis le fait que les effets hypothétiques des rayonnements de la 5G, si éventuellement ils existent, seraient moindres étant donné la faible proportion de certaines de ses longueurs d'onde par rapport à celles de la 4G. Il a cependant ajouté que :

Il est certes impératif de suivre les éventuels risques à long terme de l'exposition à ces ondes, mais, loin des inquiétudes démagogiques, d'autres dangers avérés sont liés à l'utilisation du portable : décès par accidents de la route ou par selfies, difficultés de sommeil par hyperconnexion, sédentarisation croissante des enfants et des adolescents, attitude passive à l'égard du monde environnant.

Quant à Olivier Merckel, ces affirmations sont sans appel :

Si la 5G a des effets biologiques propres, ce ne sera sans doute pas sur le cerveau, mais bien plutôt sur des tissus de surface : la peau, l'œil ou le tympan.