2021 ne fait pas exception en ce qui concerne la hausse des cotisations allouées aux enseignes de couverture santé. L’UFC-Que-Choisir a mené son enquête, à l’issue de laquelle elle a dénoncé une inflation médiane de 4,3 % des tarifs, tandis que la Mutualité française évoque une inflation moyenne à hauteur de 2,6 %.

Les organismes de complémentaire santé sont de celles qui s'en sortaient le mieux à l'issue de 2020. Face aux restrictions sanitaires, on a assisté à une chute de consommations de soins, ce qui s'est soldé par d'énormes économies sur les remboursements. Selon le chargé des comptes publics, 2,2 milliards d'euros environ ont été mis de côté par les concernés. Mais en dépit de ce joli butin, ces derniers ont tout de même augmenté leurs tarifs pour cette nouvelle année.

Une conséquence sans doute de l'initiative du gouvernement de leur faire contribuer au renflouement de la trésorerie de l'Assurance maladie via la « taxe-covid ». Dans tous les cas, l'UFC-Que-Choisir et la Mutualité française ne sont pas d'accord sur l'ampleur de cette évolution des prix.


Un écart dans les résultats

L'UFC-Que-Choisir a mené une enquête sur l'augmentation des tarifs de couverture santé en 2021. Pour ce faire, l'association de protection des consommateurs a analysé 623 contrats individuels provenant de 123 organismes complémentaires différents. À l'issue de cette étude, elle a évoqué une inflation médiane à hauteur de 4,3 % des tarifs en cette nouvelle année. Pour les ménages, cette hausse tendancielle se traduirait par un surcoût annuel de 79 euros. Un assuré sur cinq devrait même avoir à payer de leur poche 200 euros en sus.

La Mutualité française a également mené sa propre enquête. Elle a ainsi étudié les contrats proposés par ses 32 mutuelles adhérentes qui couvrent 13,9 millions de personnes. Si ses résultats diffèrent quelque peu de ceux de l'UFC-Que-Choisir, dont une évolution moyenne de 2,6 % des tarifs, la tendance est similaire.

Le gouvernement intervient

Pour calmer la polémique autour de cette hausse des cotisations, les pouvoirs publics vont intervenir. La secrétaire d'État chargée de l'économie sociale, solidaire et responsable, Olivia Grégoire a, en effet, annoncé que le gouvernement était en train de faire son propre inventaire.

Les résultats de cette étude gouvernementale seront publiés d'ici les prochains jours et l'État agira en conséquence, comme l'a déclaré son porte-parole :

Je sais que Bruno Le Maire les refera revenir si les choses n'étaient pas claires dans les jours qui viennent, prévient Olivia Grégoire. On a entendu les engagements, il faut qu'ils soient tenus.

En effet, Olivia Grégoire a indiqué que dans le cadre de l'extension de la réforme 100 % santé, les organismes de complémentaire santé s'étaient engagés à ne pas hausser leurs tarifs de manière déraisonnable. S'il s'avérait que ces derniers ont délibérément augmenté leurs prix sans motif valable, ils pourraient se voir infliger des sanctions.

En attendant, grâce à la réforme gouvernementale entrée en vigueur le 1er décembre dernier permettant de résilier sa mutuelle à tout moment, les assurés peuvent faire jouer la concurrence afin de bénéficier d'un meilleur tarif. À l'UFC-Que-Choisir d'indiquer toutefois que pour que cette mesure soit réellement efficace, il faudrait une plus grande lisibilité sur les contrats proposés par ces compagnies d'assurance. L'association de consommateurs somme donc le gouvernement d'intervenir.