Selon les estimations du gouvernement, la crise sanitaire a permis aux mutuelles santé d’économiser 2,6 milliards d’euros. L’État envisage ainsi de mettre en place une taxe exceptionnelle. En réaction, les assureurs n’excluent pas l’idée d’une augmentation de leurs tarifs. Si nécessaire, elles répercuteront le coût de cet impôt sur le montant des cotisations pour maintenir leur équilibre financier.

Une taxe exceptionnelle

Pour le gouvernement, le fait que les mutuelles santé enregistrent une profitabilité exceptionnelle du fait de la crise sanitaire est inacceptable. Dans cette optique, le projet de taxe exceptionnelle parait légitime. Cette nouvelle imposition devrait d'ailleurs s'étendre à toutes les activités d'assurance ayant connu des résultats exceptionnels à cause des mesures de confinement.

Seulement, il est difficile aujourd'hui d'affirmer l'existence de cette cagnotte exceptionnelle. Les assureurs commencent à peine à ressentir les effets de la crise sanitaire.

Chez l'assurance santé en ligne Alan par exemple, les remboursements des assurés représentent en temps normal plus de 90 % des cotisations. Certes, cette proportion a fortement reculé pendant la période de confinement pour arriver à 66 % en mars et à 28 % en avril. En revanche, depuis le déconfinement, la consommation de soins a repris aussi rapidement qu'elle a chuté pour atteindre un niveau particulièrement élevé.


Il y a eu un important effet de rattrapage des soins dont les Français ont dû se priver pendant le confinement.

Pour preuve, au mois de juin, les remboursements des dépenses de santé ont représenté 120 % des cotisations versées. Pour le seul mois de juillet, cette proportion a même atteint les 140 %, un niveau record.

Un projet controversé

En lieu et place d'une nouvelle taxe, certaines mutuelles proposent le versement d'une contribution forfaitaire à l'État. Cette option ne fait cependant pas l'unanimité auprès des assureurs.

En effet, les impacts de la pandémie ne sont pas identiques pour tous. Les institutions de prévoyance qui couvrent principalement des contrats individuels de fonctionnaires et de retraités résistent relativement mieux à la crise que les mutuelles qui gèrent davantage de contrats d'entreprise. Ces dernières font face à une forte augmentation des impayés par les entreprises.

Aussi, avec la recrudescence du chômage et l'obligation pour les assureurs de continuer à prendre en charge les soins des salariés qui ont perdu leur emploi et de leur famille pendant un an, les mutuelles de santé anticipent une importante hausse de leurs charges. Elles appellent ainsi le gouvernement à vérifier quelles institutions ont vraiment réalisé des résultats exceptionnels.