Lors du dernier Ségur de la santé, le gouvernement s’est engagé à booster le nombre d’infirmiers de pratique avancée. Une nouvelle profession, encore méconnue en France, qui devient ainsi une priorité. La récente pandémie sanitaire a démontré la nécessité d’augmenter les effectifs du personnel de santé, qui plus est, qu’ils soient aptes à réagir efficacement en cas de crises.

Aujourd'hui, on ne compte en France que 65 personnes exerçant le métier d'infirmiers de pratique avancée (IPA), un faible total qui a largement été débattu lors du Ségur de la santé. Le gouvernement a alors décidé de mettre en place les réformes nécessaires pour augmenter les effectifs, il se fixe comme objectif de porter ce nombre à 3 000 d'ici la fin de la mandature d'Emmanuel Macron et à 5 000 d'ici 2024.

La France accuse, en effet, un certain retard dans ce domaine puisque cette profession existe depuis 60 ans dans les pays nord-américains tels que le Canada et les États-Unis. Il est à noter que les soins prodigués par ces professionnels de la santé sont intégralement remboursés par l'assurance maladie.


Maintenir le cap

L'IPA, un nouveau métier d'infirmier, reste encore assez méconnu dans l'Hexagone. Cela fait déjà deux ans qu'il a été reconnu via un décret datant du 18 juillet 2018. Et on devrait beaucoup plus en entendre parler puisque le gouvernement a promis de faire les efforts nécessaires pour disposer de plus 5 000 super-infirmiers d'ici 4 ans. Un engagement qui a ravi le président de l'Ordre national des infirmiers, Patrick Chamboredon. Ce dernier a déclaré que :

C'est un bon début, c'est à la fois un métier d'avenir pour les infirmiers, mais aussi pour les patients, car les IPA libèrent du temps aux médecins en se substituant à eux pour des soins auxquels ils ont été formés.

Mais il faudra faire attention à ne pas relâcher les efforts, comme il a tenu à le rappeler dans son discours ci-après :

5 000 IPA dans quatre ans, cela reste peu quand on sait que l'on compte aujourd'hui 700 000 infirmiers diplômés d'État sur le territoire.

Quatre spécialités disponibles et une cinquième en cours

Grâce à un décret de 2018, les infirmiers diplômés d'État (bac+3), ou ceux qui sont déjà en fonction peuvent continuer ou reprendre leurs cursus pour obtenir un master (bac+5) et devenir infirmiers de pratique avancée. La première période se déroule en tronc commun afin que les étudiants acquièrent les bases de la profession d'IPA, puis ils auront le choix entre quatre spécialités au cours de la seconde année d'étude, dont :

• pathologies chroniques stabilisées ; • oncologie et hémato-oncologie ; • psychiatrie et santé mentale ; • maladie rénale, dialyse et transplantation rénale.

Dans le cas où un étudiant opterait pour la spécialité « pathologies chroniques stabilisées », il sera, au terme de sa formation, apte à accompagner efficacement une personne diabétique. Il devra suivre scrupuleusement le traitement indiqué par le médecin généraliste qui s'est occupé du malade auparavant. Sauf que le super-infirmier pourra également rajouter ses prescriptions si besoin.

En plus des quatre spécialités susmentionnées, une autre, dénommée « médecine d'urgence », aurait dû voir le jour lors de la prochaine rentrée, mais la pandémie sanitaire a changé la donne. Ce cursus ne sera donc intégré à la maquette de formation d'IPA qu'en 2021. Patrick Chamboredon explique à ce sujet :

Les négociations ont été suspendues pendant la crise et beaucoup d'acteurs sont dans la boucle pour définir précisément les compétences qui seront attribuées aux infirmiers qui choisiront cette spécialité. Des réunions devraient reprendre d'ici cet automne.