Selon le ministère de la Santé, plus d'un patient sur quatre a actuellement de grandes difficultés à trouver son médicament dans l’Hexagone. La crise touche entre autres les vaccins, les corticoïdes, les antibiotiques et même les anticancéreux. Agnès Buzyn entend y mettre fin à travers un plan anti-pénurie proposé le 8 juillet dernier.

De 2008 à 2018, les ruptures de stock de médicaments sont devenues vingt fois plus fréquentes en France. Cette situation peut notamment être expliquée par l’augmentation de la demande en la matière au niveau mondial. Les grands laboratoires tendent ainsi à se désintéresser du marché français qui est peu rentable.


Des ruptures de stock trop fréquentes

D’après les analystes, la pénurie de médicaments en France est d'abord due à l’explosion de la demande sur le marché mondial. Les laboratoires commencent donc à remettre en question la rentabilité de leur activité dans l’Hexagone. En effet, la Sécurité sociale tend à faire baisser le cours des médicaments afin de réduire au maximum les remboursements.

Au regard de cette situation, les grandes enseignes pharmaceutiques décident le plus souvent de vendre leurs stocks ailleurs, notamment en Allemagne ou en Italie. Dans ces pays, le même produit peut s’écouler deux fois plus cher. Le seuil de rentabilité de ces sociétés s’avère encore plus important aux États-Unis. Leur initiative se révèle ainsi logique d’un point de vue stratégique.

D’autre part, un seul problème survenant dans le processus de production peut entraîner de graves conséquences sur l’approvisionnement en médicaments dans le monde. De plus, les plus grandes usines de fabrication se concentrent généralement en Asie. Il suffit donc d’un seul souci au niveau local pour provoquer une rupture de stock à l’échelle internationale.

L'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) met à la disposition du grand public un numéro vert et son site officiel pour connaître les médicaments concernés par cette pénurie. Ces services ont été conçus pour aider les patients à retrouver une meilleure condition d’approvisionnement jusqu’à ce que la situation revienne à la normale.


Des mesures concrètes contre la pénurie

Les frais liés aux médicaments représentent une part non négligeable de la caisse d’assurance maladie. Cependant, en cas de pénuries, ce dispositif ne permet pas vraiment d’aider les assurés. En effet, le système vise essentiellement à alléger les charges relatives aux traitements des patients. Il ne permet donc pas de faire face aux ruptures de stock qui tendent à se multiplier en France.

Par définition, lorsqu’un client ne parvient pas à trouver son médicament en 72 heures, il s’agit d’un cas de pénurie dans le domaine. En 2018, en France, 31 % des patients ont déjà vécu ce problème au moins une fois dans l’année. De ce fait, la situation se révèle réellement alarmante.

En vue de la résoudre, la ministre de la Santé a récemment présenté un plan anti-pénurie axé sur trois points :

  • la transparence dans le secteur ; 
  • l’intervention sur le circuit de production ; 
  • la coordination au niveau international.
La transparence ainsi que l'information des professionnels et du grand public consistent notamment à rassurer les consommateurs en cas de pénurie. Les pharmaciens sont donc les premiers concernés par cette mesure en cas de ruptures de stock.

Afin d’agir sur le circuit de production, il est entre autres possible d’inciter les acteurs du secteur à produire davantage de médicaments en France en contrepartie certains avantages fiscaux, conformément aux suggestions de quelques sénateurs. Enfin, la coordination internationale devrait permettre d’améliorer l’approvisionnement en France, étant donné le caractère global du circuit de production.