Au Québec, l’Exécutif promet de présenter d’ici trois mois un plan d’action autour du recours aux écrans par les jeunes. Dans celui-ci, il envisage notamment de prohiber l’utilisation des téléphones mobiles dans les écoles primaires. Une mesure critiquée par de nombreux professionnels, qui réclament de la souplesse et du réalisme au gouvernement.

Selon de nombreux spécialistes au Canada, les heures consacrées devant un écran s'accaparent du temps à autres choses. Il s'agit principalement de celles des repas et des moments en famille. Des chercheurs insistent de leur côté sur les répercussions négatives des écrans sur le poids, le sommeil et la vue. Ils accroissent le risque de produire un manque de confiance en soi, de l'anxiété et une addiction. Une comparaison entre le phénomène et celui du tabagisme a alors été effectuée. D'après les experts, les parents actuels seraient dépouillés, à la recherche de repère et désorientés. Cependant, beaucoup sont ceux qui évoquent aussi les bienfaits des écrans.


Une circonscription du temps-écran envisagée pour les écoles primaires

À l'école, ces matériels permettraient par exemple de :

  • Renforcer le lien entre l'étudiant et le professeur ;
  • Recourir à des méthodes pédagogiques plus variées.

Cependant, Léandre Lapointe souligne l'existence de prérequis pour une exploitation astucieuse des écrans. Selon le responsable au sein de la Fédération nationale des enseignants du Québec (FNEEQ), les instituteurs ont besoin :

  • De ressources ;
  • De renseignements.

Les informations scientifiques autour des conséquences malsaines de la technologie ne sont jamais arrivées dans les écoles, ajoute-t-il. Une source de soulagement, notamment pour les organismes de mutuelle santé prenant en charge les enfants.

Alors que l'Exécutif québécois souhaite restreindre le temps-écran dans les écoles primaires, Léandre Lapointe évoque :

J'ai l'impression d'avoir 10 ans de retard là-dessus.

Cette mesure gouvernementale sera contenue dans un plan d'action, qui devrait être publié d'ici décembre prochain. Le 27 septembre dernier, Lionel Carmant, ministre québécois chargé de la Santé et des Services sociaux a annoncé :

Pour le moment, c'est vers ça que les discussions m'orientent.

Aucune action drastique prévue pour l'enseignement secondaire

Le responsable politique venait de clôturer la Consultation sur l'utilisation des écrans et la santé des jeunes. Une concertation lancée en février de l'an dernier, avant le commencement de la crise sanitaire. En réponse aux intervenants, Lionel Carmant a aussi évoqué l'éventualité de proscrire le téléphone portable au primaire.

En face, beaucoup ont précisé que le plan d'action de l'Exécutif doit faire montre de souplesse et de réalisme. Autrement, celui-ci risque de ne produire aucun effet, préviennent-ils. Selon un psychoéducateur, les jeunes ne prêteront par exemple aucune attention si l'on prône la privation.


En parallèle, aucune décision radicale n'est pour l'heure prévue au secondaire. Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux a annoncé qu'il faut dissocier ce niveau du primaire. En secondaire, a-t-il déclaré :

[…] Il va falloir voir avec l'Éducation comment on peut s'assurer que l'utilisation (des écrans) faite en classe soit toujours bénéfique pour nos jeunes et leurs familles.

Toutefois, Lionel Carmant a remarqué une prise de conscience auprès des habitants. Ceci après un an et demi d'usage excessif des écrans durant la pandémie.