Cela fait plusieurs mois que les grandes surfaces en France militent pour leur droit à vendre des autotests SARS-CoV-2. Dans une période où le variant Omicron de la maladie frappe le pays, l’Exécutif a pris sa décision. Jusqu’à la fin janvier 2022, ces dispositifs médicaux pourront être proposés sur les étalages des supermarchés.

En avril 2021, les dirigeants des supermarchés demandaient l'autorisation de commercialiser des autotests. Ainsi, ils multipliaient les passages dans les émissions radio de début de journée et les tribunes. Avec la cinquième vague de SARS-CoV-2, ils ont renouvelé leur souhait à travers les médias depuis plusieurs semaines.

Les pharmaciens, eux, menaient une campagne en faveur de l'exclusivité du droit de vendre ces outils de dépistage. Ils insistent sur leur volonté de protéger la filière Santé de la voracité de la grande distribution. Ils défendent également leur position par leur mission de conseil. Ces dispositifs médicaux ne sont pas de simples articles à proposer au supermarché, a souligné Philippe Besset.


Plusieurs magasins Leclerc proposeront ces outils dès la fin d'année

Le président de la FSPF (Fédération des syndicats pharmaceutiques de France) a écrit sur Twitter :

[…] L'encadrement par un professionnel de santé est fondamental. Nous n'allons pas en rester là.

D'après lui, confier des autotests à la grande distribution reviendrait à abandonner les méthodes de tracing du SARS-CoV-2.

Au début de la crise sanitaire, un débat semblable lié aux masques avait été abordé. Un outil dont le remboursement par la Sécurité sociale est réservé à certaines personnes seulement. Pour le reste, une mutuelle complémentaire est nécessaire. Avant d'en contracter une, passer par un comparateur assurance est recommandé pour obtenir la meilleure offre possible. Avant mai 2020, seules les officines pouvaient commercialiser ces protections. Finalement, les supermarchés ont obtenu ce même privilège.

Dans ce contexte, les rayons des établissements de grande distribution devraient présenter des autotests d'ici une dizaine de jours. À l'instar de Carrefour, plusieurs supermarchés en avaient déjà commandé neuf mois auparavant.

E.Leclerc annonce que d'ici dix jours, tous ses magasins pourront en vendre. Le patron du groupe spécifie :

D'ici le réveillon, je pense qu'il y en aura dans une centaine de centres E.Leclerc.

Une autorisation limitée dans le temps

Lidl table sur la même échéance pour en proposer. L'enseigne affirme s'être placée :

Dans les starting-blocks depuis les autorisations pour passer commande.

En effet, l'Exécutif a décidé d'enlever aux pharmacies l'exclusivité de la distribution des autotests. Néanmoins, l'autorisation dont bénéficient les supermarchés reste éphémère. L'arrêté entérinant celle-ci dispose que la commercialisation hors officine est admise seulement jusqu'au 31 janvier prochain.


Pour les grandes surfaces, il s'agit déjà d'un triomphe. Dominique Schelcher, président de Système U, a commenté :

Voilà un service attendu par nos clients, tout comme les masques et les gels.

Le PDG d'E.Leclerc a déclaré de son côté que c'est bien d'élargir les disponibilités et d'étendre le front. Avec le variant Omicron, indique-t-il :

On voit bien […] que l'autotest est aujourd'hui un outil indispensable pour les réunions familiales.

Actuellement, les pharmacies proposent cet outil de détection du SARS-CoV-2 à 4 ou 5 euros par pièce. Carrefour, Système U et Leclerc se sont abstenus de dévoiler leur tarif. Toutefois, ils promettent une commercialisation à un coût dénué de profit.