Les jeunes travailleurs mutualistes se montrent entièrement satisfaits de leur situation professionnelle. C’est en tout cas ce qu’a révélé l’ANEM (Association Nationale des Employeurs de la Mutualité) lors de la publication de sa récente enquête d’opinion. Un certain manque de confiance est toutefois observé au niveau des perspectives. La gestion de carrières se doit alors d’être repensée afin de fidéliser la jeune génération.

Il n’y a rien de mieux que des collaborateurs satisfaits et fiers de leur situation pour garantir le développement d’une entreprise. Et les employeurs mutualistes sont rassurés sur ce point surtout en ce qui concerne leurs jeunes salariés. Les résultats du sondage mené par l’Ifof pour le compte de l’Association Nationale des Employeurs de la Mutualité (ANEM) l’ont d’ailleurs prouvé.

Il se trouve, en effet, que ces professionnels sont pleinement épanouis dans leur travail et ceux qui n’y sont pas encore intégrés en détiennent une vision fort positive. Un petit bémol cependant : le pessimisme se fait sentir au niveau des possibilités d’évolutions de poste et des perspectives économiques.


Plus de huit sondés sur dix pleinement satisfaits de leur situation

Afin de connaître le niveau de satisfaction des jeunes salariés en mutualité ainsi que leurs aspirations quant à leur métier, l’ANEM laisse s’exprimer quelque 800 collaborateurs et collaboratrices de moins de 35 ans à travers l’enquête menée par l’Ifop.

Il en ressort que le taux de satisfaction est très élevé sur cette tranche d’âge. De fait, 83% des sondés se réjouissent de leur situation professionnelle actuelle. Ce qui est largement supérieur (de sept points de pourcentage) à la moyenne générale qui s’établit à 76%. À la présidente de l’ANEM, Marie-Pierre Le Breton, de se targuer :

« Ne boudons pas notre plaisir, nos salariés sont très majoritairement satisfaits par leur situation professionnelle ».

Plus précisément, ils doivent principalement leur ravissement à leur autonomie de travail ainsi qu’à la possibilité d’harmoniser leur vie professionnelle avec le côté personnel. Ainsi que l’a confirmé Agnès Balle, se trouvant à la tête de la clientèle corporate et climat social au sein de l’Ifop, dans ces propos :

« Les jeunes salariés de la mutualité sont nettement plus satisfaits de leur autonomie au travail (deux fois plus que la moyenne) et de la façon dont ils peuvent concilier leur vie professionnelle et personnelle. Ce sont précisément les deux facteurs qui contribuent le plus à l’épanouissement au travail ».

Par ailleurs, il se trouve que le secteur jouit d’une très bonne réputation chez les jeunes actifs. De fait, une très grande majorité de ces derniers (89%) en sont convaincus avant même de commencer leur carrière. 87% des embauchés trouvent leurs relations avec leur manager pleinement convenables. Quant aux protections sociales et aux soins, qui nécessitent généralement l’avis d’un comparateur mutuelle, elles sont tout aussi satisfaisantes pour les 91% des sondés.

Un grand besoin d’être rassurés sur leur avenir

La seule zone d’ombre qui mérite réflexion concerne la reconnaissance des efforts qui semble quelque peu décevante pour certains, notamment la rémunération et les opportunités professionnelles. En effet, 32% des jeunes employés appréhendent la suite de leur carrière et la même proportion est moins rassurée en ce qui concerne la mutualité elle-même. Tandis que 34% sont inquiets pour la durabilité de l’entreprise.

Pourtant, il est clair que les employeurs font des efforts pour faciliter l’accès de la nouvelle génération au secteur. À Marie-Pierre Le Breton d’argumenter :

« La mutualité entend mettre les jeunes à tous les étages de la maison […] Nous avons besoin de renouveler le militantisme, et ce n’est pas facile ! […] Il nous faut pérenniser notre identité tout en intégrant les nouvelles façons de travailler ».

Une dirigeante a toutefois tenu à exposer le contexte actuel dans lequel évoluent certaines mutuelles. Ces dernières éprouvant quelques difficultés à offrir des perspectives d’évolutions de carrière à tous leurs salariés, surtout les non-cadres. Une situation qui peut être tempérée par la transparence et l’honnêteté des concernées, à en croire les conseils d’Agnès Balle :

« Les employeurs mutualistes doivent rassurer leurs salariés quant à la situation économique du secteur et leur présenter des perspectives financières et, surtout, professionnelles ».

Dans cette vision, les sociétés mutualistes se doivent de mettre en avant leurs spécificités au moment de l’embauche afin d’éviter d’éventuels quiproquos. Puis de mettre les points sur les i avec les salariés déjà en poste concernant leur politique stratégique, mais surtout renforcer leurs atouts. À ce propos, le directeur des usages sociaux et du marketing social de Domplus Groupe, Arnaud Vallin, qui est également un expert en sociologie, fait valoir que :

« L’autonomie, revendiquée par l’ensemble des jeunes salariés, est réelle dans le monde de la mutualité ».