Le nouveau président de la Ligue contre le cancer, Axel Kahn, s’engage sur le sentier de la guerre afin de recadrer la distribution des boissons alcoolisées. Notamment, les bières fortes qui se répandent de façon ahurissante dans l’Hexagone, au détriment de la santé des habitués – surtout les jeunes, ont été pointées du doigt. D’après lui, la stratégie commerciale de leurs producteurs encouragerait l’addiction.

Le nombre de cas de cancer détecté en France progresse de façon exponentielle même si la mortalité a quelque peu diminué. N’épargnant aucune tranche d’âge, la maladie sévit tant chez les jeunes que chez les adultes.

Récemment nommée à la direction de la Ligue contre le cancer, Axel Kahn se doit de défendre sa cause avec bec et ongles, faisant de la lutte contre l’alcoolisme son priorité. Le fait est que ce dernier s’avère être une des sources de la maladie qui est pourtant possible d’éviter.

D’autant plus qu’il touche de plus en plus de jeunes Français, notamment en raison d’un certain laxisme au niveau de la réglementation du commerce de bières fortement alcoolisées. Qui plus est, ce type de boisson atteint facilement ces cibles de par son prix très abordable et son packaging des plus séduisant.


Une consommation fort addictive

41 000, c’est le nombre de décès enregistrés tous les ans en France, survenus à la suite de consommation abusive d’alcool. À savoir, près d’un tiers d’entre eux (15 000) sont issus d’un cancer. Il faut dire qu’il s’agit d’un véritable fléau qui n’épargne d’ailleurs personne, même les étudiants qui en consomment de plus en plus lors de diverses soirées.

D’autant qu’il existe depuis un certain temps des bières de type plus percutantes, dont le niveau d’alcool dépasse largement les habituels 4 à 7%. Ceci s’élèverait à 14%, voire jusqu’à 17%, ce qui avoisine le taux déterminant les spiritueux.

Force est également de constater que ces gammes fabriquées en dehors du territoire séduisent davantage les personnes à faibles ressources financières, telle que les jeunes et le peuple de la rue. D’abord parce qu’elles sont disponibles dans les supérettes et les supermarchés, mais aussi en raison de leurs prix fort modique, à environ 2,6 euros seulement.

La façon dont les producteurs, en jouant sur leurs aspects, rendent également ces boissons très captivantes :

  • Des couleurs provocantes (violet flamboyant, gris métallisé, etc.) ; 
  • Des images fascinantes inspirées de jeux vidéo et de bandes dessinées en vogue ; 
  • Des codes de virilité et de puissance (nom, symbole, etc.).

Mais le plus impressionnant, c’est la manière dont elles sont présentées. En effet, en les vendant dans des canettes de 500 millilitres, qui ne peuvent plus être refermées une fois entamées, les alcooliers semblent inciter le consommateur à terminer sa part. Or, c’est comme si ce dernier consommera près d’un demi-litre de (47cl) de porto à 18%.


Un durcissement de la réglementation en vue

La consommation abusive d’alcool provoque souvent la formation de cellules cancéreuses. Certes, la grande avancée de recherches thérapeutiques et la prise en charge du traitement par l’assurance maladie et les mutuelles sont aujourd’hui des plus rassurants. Mais les risques de cancer peuvent être réduits en évitant cette forme d’addiction. Ce qui n’est pas près d’être pris en compte par les jeunes, à en croire les affirmations d’Axel Kahn :

« Il suffit de se promener dans un lieu où une soirée d'étudiants s'est tenue – comme une grande place à Rennes ou les quais de Seine à Paris – pour voir des cadavres de ces boissons joncher le sol. Il s'agit d'un piège tendu aux jeunes, dont ils auront du mal à sortir ».

C’est la raison pour laquelle ce célèbre généticien a décidé de commencer sa lutte contre le cancer sur cette problématique dès qu’il a pris son poste actuel. Ses arguments sont d’ailleurs très explicites :

« Je suis désormais président de la Ligue nationale contre le cancer, une formation puissante qui entend bien donner de la voix pour protéger la jeunesse ».

Étant donné la difficulté d’appliquer une solution extrême, telle qu’une interdiction de vente de ces bières fortes, il souhaite un renforcement de la réglementation de la part des autorités. Pour cela, deux possibilités peuvent être alors envisagées :

  • Une prohibition des produits ne respectant pas les procédés de fabrication traditionnels, du moins un changement d’appellation ; 
  • Une sanction au portefeuille, c’est-à-dire l’application d’une taxe élevée dépendant du grammage d’alcool dans la boisson.