La conclusion est tirée d’une étude réalisée au Danemark. Elle révèle que les personnes infectées par le Covid-19 ont plus de risque de souffrir d’un trouble neurologique plus tard. Ce peut être la maladie d’Alzheimer, l’AVC ischémique ou la maladie de Parkinson. Néanmoins, les risques ne sont pas plus importants que ceux des patients affectés par d’autres infections respiratoires.

Les dossiers et l'état de santé de la population danoise ont été analysés de près après la pandémie. L'investigation avait pour objectif d'identifier une éventuelle corrélation entre le Covid-19 et les maladies neurodégénératives. Les résultats apportent quelques éclaircissements sur le sujet. Ils révèlent que ces troubles peuvent apparaître chez les personnes testées positives au Covid-19 des années après leur infection. Le risque peut être plus moins élevé selon la maladie. Les chercheurs en ont profité pour comparer les données avec celles des patients souffrant d'une autre infection respiratoire. À ce niveau, ils découvrent que la différence en termes de risque est loin d'être significative.


Un risque élevé d'avoir un AVC ischémique

L'étude a été dirigée par le Docteur Pardis Zarifkar, neurologue auprès du Rigshospitalet, un établissement situé à Copenhague. Elle a été menée à deux niveaux. D'abord, une comparaison entre les personnes testées positives au Covid-19 et celles qui n'en ont jamais souffert. De l'autre côté, une évaluation entre celles qui ont eu le virus SARS-CoV-2 et les patients atteints d'une autre infection respiratoire.

La première analyse montre que les malades du Covid-19 ont plus de risque de développer des maladies cérébrovasculaires et neurodégénératives. En revanche, sur la deuxième investigation, les chercheurs ne constatent aucune différence palpable. Excepté pour l'AVC ischémique. Le Covid-19 augmente de 1,7 fois le risque d'en être victimes. Et ce, par rapport aux personnes de plus de 80 ans hospitalisées pour une pneumonie ou une grippe.

Les troubles tels que le syndrome de Guillain-Barré, la myasthénie, la sclérose en plaques ou la narcolepsie sont cependant rares. Que ce soit à la suite d'une infection au Covid-19, d'une pneumonie ou d'une grippe.

Les effets neurologiques du Covid-19 font l'objet d'une attention particulière depuis le début de l'épidémie en 2020. Les experts s'intéressent notamment aux troubles qui peuvent apparaître dans les années qui suivent l'infection, et sur le long terme. L'investigation menée au Danemark les aidera probablement à mieux les appréhender. Elle peut aussi se révéler utile aux patients ainsi qu'aux organismes de mutuelle santé.

Les effets du virus encore mal compris pour l'heure

Concrètement, l'analyse a été réalisée sur plus de la moitié des habitants du Danemark. Parmi eux, 919 731 personnes ont été infectées par le Covid-19. Un risque élevé de développer une maladie neurodégénérative a ensuite été relevé sur 43 375 patients testés positifs au virus. Dans les détails, il est de :

  • 4,8 fois plus important pour une hémorragie intracérébrale ;
  • 3,5 fois plus important pour la maladie d'Alzheimer ;
  • 2,7 fois plus important pour un AVC ischémique ;
  • 2,6 fois plus important pour la maladie de Parkinson.

L'auteur de l'étude apporte néanmoins quelques précisions. Il souligne que l'étendue des risques sur le long terme n'est pas clairement établie pour l'instant. On ignore si le Covid-19 représente réellement un facteur qui augmente l'apparition d'une affection en particulier. De même, ses conséquences comparées aux autres infections respiratoires restent méconnues à ce jour. Une chose est admise actuellement : la neuroinflammation peut être à l'origine d'un trouble neurodégénératif.

Les analyses ayant précédé celles du Danemark ont montré que le Covid-19 peut être lié à des syndromes neurologiques. Toutefois, les effets du virus et le lien avec les maladies neurodégénératives ne sont pas nettement identifiés pour le moment.