L’homéopathie est attaquée de plusieurs côtés pour n’être pas en mesure de prouver scientifiquement son efficacité. Et la guerre, qui a duré près de deux ans en France, est sur le point de se solder l’an prochain par un déremboursement total. En attendant, les amateurs de cette médecine alternative subiront une baisse de leur prise en charge.

Officiellement reconnue, dans l’Hexagone, depuis plus d’un demi-siècle et très populaire grâce à ses innombrables bienfaits, la médecine holistique qu’est l’homéopathie traverse aujourd’hui des moments difficiles. En effet, la baisse de prise en charge annoncée six mois plus tôt a pris effet en début d’année, une manière de marquer l’avancée certaine vers un déremboursement total d’ici un an.

Une décision qu’aurait été prise par le ministère de la Santé suite à des controverses scientifiques, mais qui n’est pas forcément accueillie favorablement par les fabricants. D’autant que des milliers de produits y sont concernés. D’ailleurs, la tribune quelque peu impétueuse adressée en 2018 à l’encontre de la thérapie alternative a vivement provoqué des ripostes.

Un épilogue certain pour les traitements homéopathiques

Depuis début janvier, le taux de remboursement des traitements homéopathiques a baissé de moitié. De 30%, la prise en charge de l’Assurance maladie a régressé à hauteur de 15%. À savoir, cette restriction devrait servir de « transition » pour les amateurs de la médecine douce ainsi que pour les laboratoires de production.


Parce qu’à partir du 1er janvier 2021, toutes dépenses liées à cette forme de thérapie ne seront plus remboursées par la Sécu. Et ce, bien que cela fait un certain temps que les patients ont déjà payé de leur poche pour disposer de certains articles, tels que l’Oscillococcinum, qui sert à traiter les symptômes de la grippe.

C’est, en effet, ce qu’a fait valoir la ministre de la Santé et des Solidarités, Agnès Buzyn, en juillet dernier. Au moment même où elle a mis un terme à de nombreuses polémiques tournant autour du sujet. Une décision qui se conformerait à l’opinion de la HAS (Haute autorité de santé), rendue fin juin, concernant l’absence de fondement scientifique de l’homéopathie. Et qui s’est également confirmée en octobre et novembre 2019 grâce à la promulgation de nombreux arrêtés.

Ainsi, un patient disposant d’une complémentaire santé se retrouve désormais plus favorisé puisqu’il pourra réclamer une partie du reste à charge auprès de son assureur. Encore faut-il pourtant recourir à un devis mutuelle pour comparer les différentes offres et dénicher la plus généreuse.

Les prohoméopathies sont vent debout

Si le ministère de Santé n’a décidé du sort de l’homéopathie qu’en juillet dernier, il faut savoir que le bras de fer auquel se sont engagés les partisans de cette médecine alternative et ses opposants a perduré durant deux ans. Et les fabricants ne sont pas près de lâcher l’affaire, notamment le leader mondial Boiron à qui prête main-forte Lehning. À eux deux, ils ont fait appel au Conseil d'État pour qu’on réexamine leur cas.


L’on se demande alors comment allait être le dénouement de l’histoire. Pour le moment, le débat continue de faire rage. D’abord parce que 1 200 produits sont en jeu. Mais c’est la tribune, publiée en mars 2018 dans le Figaro, qui a versé de l’huile sur le feu. Celle-ci ayant été signée par 124 professionnels de santé, eux-mêmes membres d’un collectif nommé Fakemed.

Les réactions du SNMHF (Syndicat national des médecins homéopathes) ne s’étaient pas fait attendre face à la véhémence des termes utilisés par les antagonistes. Une soixantaine de praticiens ont alors fait l’objet d’une plainte, à l’issue de laquelle des procédures disciplinaires ont été engagées au niveau de l’Ordre des médecins pour éventuellement aboutir à :

  • Des suspensions d’exercice pour certains ;
  • Des avertissements pour d’autres ;
  • Des plaintes rejetées ;
  • Des acquittements.