Après 20 ans de recherche, des chercheurs américains lancent une étude clinique sur un vaccin contre l’Alzheimer. Cette étape permettra à terme de connaître l’efficacité de ce produit, dont l’administration s’opèrera à travers le nez. Pour jauger le nombre de doses optimal pour stimuler le système immunitaire, les scientifiques prévoient aussi d’effectuer des tests sanguins.

À ce jour, 15 % des 80 ans ou plus sont atteints de la maladie d'Alzheimer. Une pathologie provoquant chez le patient une perte irrémédiable de sa capacité de discernement et de sa mémoire. Toutefois, celle-ci peut également toucher une population plus jeune. En France par exemple, l'on recense 65 000 personnes de 65 ans ou moins sujettes à cette affection.

Outre-Atlantique, l'entreprise pharmaceutique Biogen a reçu en juin 2021 l'autorisation de mettre en vente un médicament contre cette dernière. Baptisé Aduhelm, celui-ci s'attaque, par l'intermédiaire d'un anticorps monoclonal, aux protéines amyloïdes. Cependant, au sein de la communauté scientifique, l'intérêt thérapeutique du traitement suscite des questions auprès de certains chercheurs.


Un sérum basé sur du Protollin

En parallèle, un vaccin nasal est expérimenté à Boston, au Brigham and Women's Hospital, depuis le 16 novembre. Si les observations conduisent à des résultats concluants, la mutuelle familiale, entre autres, pourrait rembourser le produit à l'avenir. Selon le communiqué de l'hôpital datant du même jour, l'étude clinique a pour objectif d'analyser :

L'innocuité et l'efficacité d'un nouveau vaccin administré par voie nasale destiné à prévenir et à ralentir la progression de la maladie d'Alzheimer.

16 volontaires montrant des symptômes de l'affection et de 60-80 ans ont été recrutés dans le cadre des expérimentations. Au cours de celles-ci, ces participants se verront administrer deux doses du sérum à 7 jours d'intervalle.

L'unité qui pilote les essais évaluera aussi l'impact du Protollin sur la réaction immunitaire des sujets. Composé de protéines issues de bactéries, cet adjuvant constitue la base du vaccin. D'après l'équipe de recherche, pour d'autres sérums, l'on s'est déjà servi de celui-ci chez l'homme, et ce, en toute sécurité. Le porteur du projet, Howard Weiner, déclare :

Nous allons faire des tests sanguins pour voir quelle dose stimule le mieux le système immunitaire.

Des observations sur des souris ont été réalisées auparavant

Il poursuit que cette phase sera menée sur approximativement six mois. Après, le groupe de scientifiques débutera une étude sur 150 malades. Selon Howard Weiner, ces derniers seront traités tous les mois durant un an.

Avant ces essais sur des sujets humains, le spray nasal de l'hôpital américain a été testé sur des modèles de souris. Le professeur de neurologie explique ainsi que depuis 2000, l'équipe à laquelle il appartient a :

[…] Accumulé des preuves précliniques suggérant le potentiel de ce vaccin nasal contre Alzheimer.

Le chercheur principal de l'étude actuelle, lui, affirme que pendant ces deux dernières décennies, dans l'élimination de la bêta-amyloïde :

[…] il est de plus en plus prouvé que le système immunitaire joue un rôle clé. […]

Pour indication, le fonctionnement du vaccin repose sur :

  •  L'activation des leucocytes dans les ganglions lymphatiques ;
  •  La stimulation du système immunitaire.

Les cellules stimulées parcourent par la suite le sang. Elles doivent contribuer à détruire les protéines bêta-amyloïdes dans le cerveau.