À l’heure actuelle où l’épidémie du Coronavirus a franchi son stade 3 en France, le nombre de patients soignés à domicile affiche une courbe ascendante. Ce qui ne veut pas pour autant dire que leurs suivis et leurs soins seraient moins sérieux que ceux octroyés aux hospitalisés. De fait, médecins de ville, infirmiers et pharmaciens libéraux se tiennent en première ligne pour s’occuper d’eux.

Alors que le Covid-19 continue de faire des ravages depuis sa première apparition sur le territoire français, les scientifiques annoncent que l’épidémie n’a pas encore atteint son pic. L’on devrait alors s’attendre à d’autres vagues de cas confirmés dans les jours à venir.

Une situation que les personnels soignants, autant que les organismes d’assurance santé, attendent de pied ferme. Les professionnels libéraux, notamment, sortent de l’ombre pour s’activer de façon à ce que les personnes contaminées ne requérant pas de soins intensifs puissent être soignées chez eux. L’objectif étant ici d’éviter la saturation des établissements de santé.

Un rôle essentiel qui nécessite aussi bien une minutieuse organisation, voire une bonne anticipation, que des moyens suffisants. Ce qui ne semble pas être le cas en ce moment, à en croire les observateurs.

Soigner les patients à symptômes moins aggravés à domicile

La France est actuellement au cœur de la gestion de l’épidémie, le pic étant attendu cette semaine. Pour y faire face, de nombreuses salles de réanimation ont été aménagées dans les centres hospitaliers et d’autres services libérés.


Mais il n’y a pas que ces grands établissements qui sont mobilisés en ces temps d’angoisse. Les professionnels de santé libéraux se retrouvent également propulsés en première ligne, à savoir les médecins traitants, les infirmiers travaillant à leur compte, mais aussi les pharmaciens de ville. Leur mission : s’occuper des malades les moins atteints pour que ces derniers puissent rester en toute sécurité chez eux.

Une solution-clé étant donné qu’elle évitera aux hôpitaux d’être surchargés par des patients qui n’ont pas vraiment besoin de soins intensifs. Plusieurs actions doivent être alors mises en place pour prendre efficacement en charge ces malades confinés à leur résidence, entre autres :

  •  La téléconsultation ; 
  •  Le passage régulier d’une infirmière au domicile ; 
  •  Le suivi continu via des appels téléphoniques.

Ainsi, jusqu’à fin mai, les diabétiques et tous les autres malades chroniques vont pouvoir renouveler directement leur traitement auprès des pharmaciens sans avoir à demander une nouvelle prescription. Cela, afin que les médecins généralistes puissent consacrer plus de temps aux patients souffrant du Coronavirus.

Les personnels soignants de ville, maillon essentiel du système de santé

Devant la forte croissance du nombre de contaminés et la nécessité de personnels soignants en fonction, bon nombre de professionnels médicaux libéraux ont tendu leurs mains. Retraité depuis 18 mois, le Dr Claude Leicher a, parmi d’autres, choisi de reprendre le métier pour aider au mieux le pays à se relever face à cette pandémie. Aussi, se targue-t-il :

Le maillon essentiel du système de santé aujourd'hui, ce n'est pas le Nobel de médecine à l'hôpital. Dans mon village, ce sont les aides à domicile qui passent voir 200 personnes âgées chaque jour.

Pour autant, ce jeune retraité a remarqué un certain manque à cette grande volonté. Il a alors déploré l’insuffisance d’anticipation dans cette lutte acharnée contre le Coronavirus :

Nous n'attendons pas l'arme au pied. C'est seulement maintenant que nous organisons la phase trois, alors que l'épidémie a commencé. Il aurait fallu créer dès le départ un numéro d'appel dédié au virus, car le centre 15 est submergé d'appels non justifiés […] un numéro en liste rouge pour pouvoir appeler le Samu en priorité.

Outre cela, le manque de moyens pénalise grandement certains praticiens et autres soignants. Entendant par cela, la pénurie de masques qui, malgré le récent approvisionnement de produits FFP2, concerne toujours les secrétaires médicales, les auxiliaires de vie et les orthophonistes. Et l’on passe sur la téléconsultation où bon nombre de médecins généralistes ne disposent pas encore des équipements adéquats.