L’implication des entreprises dans la refonte du système de retraite sera renforcée suite à la loi Pacte

L’âge légal pour partir à la retraite est de 62 ans en France quoique certains seniors préfèrent rester actifs pendant cinq années supplémentaires afin de bénéficier d’une liquidation à taux plein de leur pension de vieillesse.

En effet, dans la majorité de cas, l’arrêt d’activité implique toujours une restriction de revenus, à moins d’avoir constitué un matelas financier durant les années de travail et ainsi de disposer de ressources complémentaires.

C’est dans cette vision que le gouvernement entend réformer, d’ici 2021, le système de retraite du pays. Une révolution historique qui impliquera davantage les établissements employeurs en termes de financement, et ce, en rendant bientôt obligatoire la constitution d’une épargne individuelle supplémentaire. Comme tel a été le cas de la protection sociale en matière de santé.


L’épargne individuelle supplémentaire comme pilier

2019 est une année qui mérite d’être gravée dans les annales en ce qui concerne la réforme du système de retraite. Cette dernière étant marquée par la fusion des deux régimes,Agirc et Arrco dans l’objectif de continuer à garantir les droits des retraités aussi bien que ceux des actifs.

À savoir, différents changements sont encore à prévoir pour l’année à venir, ce qui devrait aboutir par la refonte même du régime afférent.

L’adoption de la loi Pacte et la publication d’une ordonnance annonçant la mise en place d’un nouveau PER (Plan épargne retraite) d’entreprise le 25 juillet dernier démontre que une avancée dans la bonne direction.

D’abord, l’initiative est destinée à assouplir le dispositif et le rendre plus attrayant. D’un autre côté, l'épargne retraite par capitalisation pourrait très rapidement devenir un important pivot pour le renouveau du système.

C’est en tout cas ce qu’estime un consultant chez Mercer France, Benjamin Sanson. C’est aussi ce que prévoit Jean-Paul Delevoye, dans son rapport. En effet, ce haut-commissaire à la réforme des retraites prône l’exigibilité d’une épargne supplémentaire en faveur des salariés.

L’État, les salariés et les employeurs ont chacun leur part de financement

Force est d’admettre que ceci s’apparente à ce qui est survenu au système de protection santé lorsque l’entrée en vigueur de la loi ANI en 2016 avait imposé aux entreprises pourvoyeuses d’emploi l’instauration d’une mutuelle entreprise obligatoire.


Pour mieux comprendre cette initiative gouvernementale, il faut savoir qu’un certain déséquilibre a perduré au niveau des régimes de protection sociale si bien qu'une somme catastrophique de 27 milliards d’euros n’a pu être couverte en 2011, dont la moitié provenait des dépenses liées aux actes de santé. Ce qui a conduit à un transfert d’une partie du risque financier vers les organismes d’assurance maladie.

En tout cas, l’implication des employeurs dans le financement de la protection sociale est très importante étant donné que celui-ci va désormais se reposer essentiellement sur les cotisations versées par les sociétés et les employés.

Quoique l’État ait aussi sa part de responsabilité dans ce système grâce à la mise en place d’outils de collecte sous forme de taxes tels que :

  • Les contributions publiques, à savoir celle de l’État et celle des collectivités locales qui participent à hauteur de 10% environ des ressources ;
  • Les cotisations sociales à travers la CSG (contribution sociale généralisée) et la CRDS (contribution pour le remboursement de la dette sociale) qui contribuent à près de 25% des recettes.