Face à la crise des semi-conducteurs, les constructeurs automobiles ont chacun adopté différentes mesures pour s’en sortir. Certains groupes tels que Renault ont sacrifié quelques fonctionnalités lors de la production de certaines voitures. À l’instar de General Motors, d’autres ont consacré leur stock de composants dans la fabrication des modèles les plus vendus.

Après avoir été longtemps affectés par la crise, les constructeurs semblent avoir repris le contrôle de la situation. Pour tenter de tirer les enseignements de l'épisode, ils prévoient de réduire les risques de dépendance à certains composants. Ainsi, les variantes exclusivement destinées à certaines voitures devraient bientôt être écartées par les usines de Stellantis.

D'après son directeur financier, Richard Palmer, le groupe essaie actuellement de standardiser autant que possible les puces. Un associé chez Roland Berger, Eric Kirstetter ajoute que les fabricants envisagent également d'utiliser moins de semi-conducteurs rares. Une décision qui pourrait les contraindre à modifier l'aspect esthétique des cartes électroniques, précise-t-il.


Acheter plus cher s'il le faut

Cependant, l'expert souligne qu'il s'agit d'un procédé extrêmement délicat, sachant qu'il faudra :

Trouver une solution technique qui marche, puis de la valider grâce à des tests. […]

À ce titre, il indique que le processus prendra entre 12 et 24 mois. Et vu les enjeux, les véhicules qui seront produits en 2025 embarqueront moins de composants. Autre assurance à leur sujet : ils seront davantage dotés d'équipements et seront plus imposants.

Cependant, les acteurs de l'industrie automobile souhaitent comprendre la provenance ainsi que l'utilité de chaque puce. Selon Eric Kirstetter :

Jusque-là, c'était pour eux un peu une boîte noire. Ils passent commande à leur fournisseur de Rang 1 pour un équipement et c'est ce dernier qui s'occupe des achats auprès des fabricants de semi-conducteurs.

Le spécialiste avance ensuite que désormais, les constructeurs contactent directement les distributeurs de semi-conducteurs. L'objectif, observe-t-il, consistera à sécuriser les approvisionnements annuels, quitte à devoir payer plus les fournisseurs. D'ailleurs, l'associé de chez Roland Berger aurait fait état de négociations d'alliances capitalistiques entre plusieurs acteurs mondiaux.

Des concessions ont été faites

Outre la sûreté de leur ravitaillement futur, les fabricants font aussi face à un impératif plus sérieux. Ils doivent réaffecter éventuellement des puces à certains équipements ou voitures. Selon une source, plusieurs enseignes ont dépêché une poignée d'ingénieurs afin de joindre les fournisseurs de composants pour :

[…] Comprendre quelle puce va dans quel boîtier électronique, et d'optimiser ensuite les allocations.

Chez Volkswagen, le président de son directoire, Herbert Diess a commenté le bilan trimestriel du groupe avant d'affirmer :

Nous nous battons chaque jour. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour maintenir la production.

Du côté de General Motors, les voitures les plus demandées seront privilégiées lors de la production. Considérés plus rentables, les SUV et les pick-up ont ainsi été priorisés chez la firme de Détroit. Chez Renault, des fonctionnalités et niveaux de finition ont été supprimés. Pour la version électrique de la Zoe, le chargement de smartphone est désormais fourni en option.