Le groupement des pharmaciens français annonce une baisse considérable des ventes des médicaments depuis l’entrée en confinement à cause du coronavirus. Selon eux, les habitudes des clients ont complètement été chamboulées. Au début, les clients ont pris d’assaut les rayons des pharmacies, ce qui a conduit à l’épuisement des stocks. Puis finalement, presque personne n’achète plus rien à part les somnifères et les dolipranes.

L’industrie pharmaceutique connait aussi une baisse de leur chiffre d’affaires durant ces mois de confinement, au détriment du remboursement mutuelle. Si au début mars, c’est-à-dire au commencement du confinement total en France, les queues pour acheter massivement toutes sortes de médicaments se formaient dès l’aube, aujourd’hui, les clients se font rares.

Selon les déclarations des pharmaciens membres du GERS, les clients viennent désormais principalement s’approvisionner de Doliprane, de gels désinfectants et de somnifères. À savoir, une cinquantaine de millions de boîtes de Doliprane ont été vendues pendant le confinement. Un record ! Certaines pharmacies pourraient perdre jusqu’à 90% de leur revenu. Comment expliquer cela ?

La baisse des consultations médicales en cause

Les représentants des pharmaciens, interrogés récemment sur l’état de leurs ventes, ont rapporté que les mois d’avril et mai ont été marqués par une baisse considérable de la fréquentation des pharmacies. Cela pourrait avoir un impact sur les cotisations d’assurance santé des personnes malades, mais aussi sur le chiffre d’affaires annuel de ces revendeurs de médicaments.


Ces résultats sont, d’ailleurs, totalement opposés aux attentes du GERS (groupement des pharmaciens) qui s’attendaient à ce que les achats de médicaments exploseraient durant la crise sanitaire.

Force est en effet de constater que les ventes de médicaments remboursables ont fléchi de -10 à -20 % durant la quarantaine. Cela est en grande partie dû au ralentissement de l'activité des médecins, mais aussi à la crainte accrue de la population des milieux médicaux où les malades du coronavirus auraient pu circuler.

Les patients, qui sont à priori les plus vulnérables face au Covid-19 évitaient à tout prix ce genre d’endroits. C’est la raison pour laquelle ils ont déserté les cabinets médicaux. Ce qui explique également pourquoi de nombreux rendez-vous ont été reportés ou reconduits en téléconsultation.

La vente des somnifères, des antidépresseurs et de Doliprane en hausse

Si la prise de remèdes en tout genre s'est affaissée, certaines catégories de médicaments comme les traitements contre la douleur et la fièvre ainsi que les somnifères ont pris la côte. En l’espace de sept semaines, quelque 53 millions de boîtes de Doliprane auraient été vendus.

Les autorités sanitaires ont, en effet, recommandé de toujours disposer des antidouleurs et de l’anti-fièvre, à portée de la main, durant la période de confinement. Et comme beaucoup de personnes ne sont pas habituées à rester cloitrées chez elles, il a fallu booster leur cycle de sommeil avec des somnifères pour pouvoir faire les siestes à la maison.


La Zopiclone, par exemple, qui est un puissant produit soporifique, est passée de 169 000 ventes en février à 323 000 en avril. Globalement, les achats de somnifères ont bondi de 9%. Suivis de près par les boîtes d’antidépresseurs et anxiolytiques qui font l’objet d’un remboursement mutuel. Pareillement, les vitamines et les anti-allergies ont vu leurs marchés augmenter respectivement de 76% et de 25% ces dernières semaines. Les Français ont vraisemblablement constitué des stocks, peut-être par crainte d'une pénurie ou par anticipation, pour traiter les principaux symptômes du coronavirus.