Il a été prouvé pendant la crise sanitaire que le système de santé français pouvait être performant. Il peut notamment être déployé pour réaliser gratuitement des tests, se faire vacciner et bénéficier des soins d’urgence. Cependant, la pandémie a également jeté une lumière crue sur ses lourdeurs, dont la prise en charge compliquée entre assurance maladie et complémentaires santé.

Les frais de gestion s'accumulent

Même si le reste à charge des Français demeure relativement faible, le système de santé en France présente tout de même quelques lacunes, notamment pour les personnes qui ne possèdent une assurance santé. Les malades longs du covid-19 ont pu l'expérimenter à leurs dépens.

Il faut également savoir que ce système partiellement inégalitaire (frais élevés pour séniors) bénéficie d'aides importantes (complémentaire solidaire, crédits d'impôt). Le partage des fonctions entre la Sécurité sociale et les complémentaires (mutuelles, assurances, institutions de prévoyance) donnerait lieu à une accumulation des frais de gestions, ce qui est défavorable pour les assurés et les comptes publics.


Par ailleurs, l'Assurance-maladie fait face actuellement à un déficit considérable post-covid et aucune solution n'a été envisagée pour y remédier, que ce soit à court ou à moyen terme.

L'usage excessif de mesures provisoires pour corriger certaines lacunes comme la mise en place d'un complémentaire santé solidaire ou la prise en charge intégrale sur l'optique et les soins dentaires rajoute également une couche supplémentaire aux problèmes existants.

Des ruptures plus ou moins plausibles

Le gouvernement revient alors sur le projet de superposer l'intervention de l'Assurance-maladie et des assureurs via la mise en place de la « grande Sécu ». Cette dernière rendra accessoire la fonction des complémentaires. Toutefois, il est difficile de croire en sa réalisation que ce soit économiquement ou politiquement parlant. Le sujet sera mieux traité dans le cadre des projets présidentiels.

Le projet de rupture qui consiste à amener les acteurs à se focaliser sur un domaine spécifique (comme les lunettes et les soins dentaires pour le privé) paraît plus réaliste.

Donner la possibilité aux assureurs santé de ne plus endosser le rôle de « payeurs aveugles » et d'occuper une meilleure responsabilité dans la régulation des soins est également essentiel, alors que dans la plupart des cas, ils sont à l'origine de la flambée des dépenses. Sans cela, le projet de la grande Sécu pourra l'emporter.