Un projet concernant la santé sexuelle et reproductive des femmes a été abordé au Parlement européen. À l’issue des débats, l’initiative a été approuvée. Le Parlement européen somme ainsi les États membres à garantir l’accès à l’éducation sexuelle et à l’avortement. Ce projet est d’autant plus important, car des pays tendent aujourd’hui à durcir leurs lois concernant l’avortement.

La réforme permettant de résilier sa mutuelle à tout moment a fait l'effet d'une bombe dans le secteur de l'assurance, notamment celui de la couverture maladie. Mais une autre initiative vient toute aussi bien de secouer le secteur et elle devrait ravir les femmes sur tout le continent européen. En effet, le député Croate Predrag Matic vient de présenter au Parlement européen un projet sur la santé sexuelle et reproductive des femmes. Cette initiative a été adoptée à l'issue d'un suffrage avec 378 voix pour, 255 contre et 42 absentions.

L'initiative approuvée par la majeure partie des votants, le Parlement européen somme les États membres à garantir l'accès à l'avortement, à la contraception et à l'éducation sexuelle.


Morts de 23 000 femmes recensées chaque année

La problématique de l'avortement a été largement débattue au cours en séance plénière. Encore aujourd'hui, des pays en Europe ont des lois très strictes interdisant l'avortement. Dans ces pays, la législation stipule que l'avortement n'est envisageable que sous certaines conditions. Des pays tendent même à durcir ses lois concernant les avortements. C'est notamment le cas de la Pologne qui a interdit l'année dernière les avortements dans les cas de malformations fœtales graves et irréversibles.

À M. Matic de souligner qu'interdire les interruptions volontaires de grossesse entrainerait la mort de 23 000 femmes chaque année. Comme elles ne peuvent pas se faire avorter dans un établissement de santé hautement équipé, elles le font clandestinement dans des conditions sanitaires inquiétantes, causant parfois leur mort.

Le député croate concède néanmoins que si des professionnels de santé, pour des raisons religieuses ou de conscience, refusent de pratiquer un avortement, ils sont dans leur droit et on ne peut les y forcer. Cependant, selon lui, chaque établissement de santé sur le vieux continent doit disposer d'un médecin qui sera en mesure de prendre en charge les IVG. Si l'initiative du député croate concernant l'avortement a été approuvée, il reste encore à en définir certaines modalités, telles les conditions où l'avortement serait impossible, car pouvant porter atteinte à la santé d'une femme enceinte, par exemple.


Lutter contre le harcèlement sexuel et les stéréotypes sexistes

Si l'avortement a été le principal sujet de débat au cours de cette réunion au Parlement européen, le projet de M. Matic aborde aussi l'éducation sexuelle. La Commissaire européenne à l'Égalité, Helena Dalli, souligne que cette problématique est tout aussi importante que l'avortement. À cause du manque de cours sur la sexualité à l'école primaire et secondaire, les jeunes regardent de la pornographie comme leur propre forme d'éducation sexuelle.

Il convient pourtant d'admettre que ces films érotiques ne sont pas la réelle image de ce qu'est une relation intime. De plus, l'éducation sexuelle va au-delà de la connaissance du mécanisme physiologique de la reproduction et des risques sur la santé. Elle permet également de lutter contre la discrimination, les stéréotypes sexistes, la violence et les abus sur les enfants et les femmes. L'éducation aux droits sexuels et reproductifs peut aussi aider à diminuer considérablement le harcèlement sexuel.

Contrairement à l'avortement, l'éducation sexuelle a été largement approuvée par les membres du Parlement européen. À l'issue de la réunion, le Parlement appelle les États membres à prodiguer une éducation sexuelle complète aux enfants des écoles primaires et secondaires.