On assiste actuellement à un rebond de l’épidémie, la thèse d’une nouvelle vague de propagation du coronavirus prend plus d’ampleur. Depuis quelques semaines, le taux de contamination ne cesse d’augmenter, mais bizarrement le nombre d’hospitalisations et d’entrées en réanimation reste assez faible. Les professionnels de la santé ont une théorie à ce sujet.

L'état d'urgence sanitaire a été levé au début du mois de juillet, mais on n'est pas pour autant à l'abri d'une nouvelle vague de propagation du coronavirus. De nombreux indicateurs suggèrent d'ailleurs que le taux de contamination dans l'Hexagone est en hausse depuis quelques semaines, de même pour le taux de positivité des tests PCR. De plus, les médecins généralistes indiquent qu'ils ont actuellement à faire à davantage de malades qu'au printemps dernier.

Mais étonnement, le nombre d'admissions hospitalières n'augmente pas au même rythme que les nouvelles contaminations. Les distributeurs d'assurance santé complémentaire, tels que la mutuelle senior peut en attester. La possibilité d'un nouveau pic sanitaire a contraint Bercy à renforcer les règles concernant le port du masque dans les lieux publics.


Actuellement, ce sont les jeunes qui sont les plus touchés

Cette faible hausse du nombre d'hospitalisations et d'entrées en réanimation laisse sceptiques de nombreux Français. Or, avant le cantonnement, ces chiffres augmentaient graduellement avec les cas positifs enregistrés. Pour Pascal Crépey, épidémiologiste à l'École des hautes études en santé publique de Rennes, la raison est pourtant simple. Selon lui :

Les populations qui s'exposent le plus en ce moment sont des populations plutôt jeunes.

En effet, on sait depuis le début de la pandémie que plus une personne est jeune, plus elle présente moins de risque de développer une forme sévère du covid-19, requérant alors une hospitalisation. L'épidémiologiste a également déclaré que :

On a toutes les raisons de penser que les personnes qui se savent à risque prennent plus de précautions que les autres. On voit plus rarement des personnes âgées faire la fête dans les bars de nuit.

Le ministre de la Santé, Olivier Véran en est également arrivé à la même conclusion. Il a indiqué que :

Les Français qui sont aujourd'hui diagnostiqués sont plus jeunes, plutôt sur la tranche 20-40 ans, moins porteurs de fragilités. Les personnes âgées continuent de se protéger.

Ce constat est également visible dans le point épidémiologique de Santé Publique France. Ce dernier rapporte que sur la semaine du 3 au 9 août, les nouveaux cas recensés concerneraient principalement des individus âgés de 15 à 44 ans. La population jeune est moins sujette à développer une forme sévère, cela explique donc le faible nombre d'hospitalisations. Toutefois, il faut rester vigilant.

La prudence reste de mise

L'épidémiologiste, Pascal Crépey, tient tout de même à rappeler que :

On observe quand même une augmentation des hospitalisations, qui n'est pas négligeable.

L'hypothèse d'une nouvelle vague de contamination reste d'actualité. De plus, il est probable que les jeunes contaminent les personnes âgées de son entourage bien que l'on constate que les individus du troisième âge prennent leurs précautions, comme le souligne Pascal Crépey :

Mais elles restent exposées aux contaminations intrafamiliales.

Il faut donc réduire le moins possible les risques d'exposition au coronavirus et respecter les gestes barrières quelle que soit la tranche d'âge. À l'épidémiologiste de conclure :

Cela mettra peut-être plus de temps, mais s'il y a un rebond de l'épidémie et qu'il n'est pas contrôlé, quelle que soit la tranche d'âge la plus touchée, le virus finira par se répandre.