De plus en plus de jeunes sont sujets à une détresse psychologique, c’est ce que révèle un rapport de la Commission d’enquête de l’Assemblée nationale. Les auteurs de l’étude indiquent que la crise sanitaire a des effets délétères chez les jeunes. D’ailleurs, un universitaire sur dix a déclaré avoir des idées suicidaires.

Les retombées économiques et les pertes humaines dues à la pandémie du covid-19 font la une des journaux. Mais cette crise sanitaire a également des impacts psychologiques on ne peut plus négatifs chez les jeunes. C'est en tout cas ce que révèle une étude menée par une commission d'enquête de l'Assemblée nationale portant sur la santé scolaire et universitaire.

Les députées en charge de cette enquête soulignent notamment dans leur rapport que 50 % des étudiants ont déclaré être inquiets pour leur santé mentale, tandis que 30 % disent avoir repoussé les soins dont ils ont besoin. Et ce, malgré la contribution d'une mutuelle santé.


D'après cette étude, le premier confinement est l'une des sources de cette problématique.

La détresse psychologique des jeunes

Pour mener à bien leur étude, la commission d'enquête de l'Assemblée nationale a interrogé des professionnels de la santé dont Guillaume Vaiva, psychiatre à Lille et vice-président du Groupement d'études et de prévention du suicide. Ce dernier exprime son appréhension quant à la situation et relate des propos et des conduites suicidaires émis par bon nombre de jeunes âgés de 10 à 25 ans.

L'Assistance publique-hôpitaux de Paris partage l'inquiétude de Guillaume Vaiva et signale que les admissions en pédiatrie pour raisons psychiatriques affichent une nette hausse depuis le mois d'août. Le rapport des députés chargés de l'enquête indique d'ailleurs à propos de ces hospitalisations :

Elles se situaient fin octobre à 3.600, contre 2.400 un an plus tôt, soit une hausse de 50 %.

Le Centre national de ressources et de résilience confirme lui aussi que de plus en plus de jeunes sont en proie à une détresse psychologique. En effet, l'observatoire a mené une étude auprès des universitaires sur le sujet, et les résultats sont préoccupants :

  • 27,5 % des étudiants déclarent un haut niveau d'anxiété ;
  • 24,7 % un stress intense ;
  • 22,4 % une détresse mentale importante ;
  • 16,1 % une grave dépression ;
  • 11,4 % ont exprimé des envies suicidaires.

Nightline, une association proposant une permanence d'écoute de nuit aux étudiants, déclare pour sa part recevoir 40 % d'appels en plus.


Les solutions pour y remédier

Pour les chargés de cette enquête de l'Assemblée nationale, la situation est telle quelle parce qu'il n'y a pas assez de professionnels de la santé mentale. En effet, on ne comptabilise aujourd'hui qu'un psychologue pour 29 882 étudiants, alors qu'en 2018 il y en avait un pour 12 572 élèves. Pour les députés, la solution serait ainsi de solliciter plus de psychologues scolaires. Ces derniers déplorent d'ailleurs que l'on n'ait pas fait appel à eux durant la crise sanitaire, comme le mentionne le rapport parlementaire.

Les élus publics proposent également que l'on réforme les services de santé universitaire, soulignant qu'ils ne sont pas adaptés pour faire face aux besoins des étudiants, notamment lorsqu'il en va de la santé mentale de ces derniers.

Dans leur rapport, les auteurs de l'étude suggèrent aussi que l'on adapte les rythmes scolaires pour les jeunes adolescents ou encore que l'on intègre un pédopsychiatre au Conseil scientifique afin de :

Garantir la prise en compte des enjeux propres aux enfants et aux jeunes.