L’investigation a été menée par des chercheurs de l’université d’Oxford qui ont suivi le comportement de plusieurs milliers de joueurs. L’observation réalisée a montré que le temps dédié au jeu vidéo n’a aucun impact sur leurs états émotionnels. Les auteurs de l’étude soutiennent la pertinence des résultats grâce à la méthode utilisée pour les obtenir.

La pratique du jeu vidéo fait l'objet d'une réglementation stricte dans certains pays comme le Japon ou la Chine. Il s'agit, pour beaucoup, d'une activité nocive pour la santé mentale. Une étude réalisée par les scientifiques de l'université d'Oxford vient toutefois de prouver le contraire. Elle est même considérée comme source de bien-être dans une certaine mesure.

L'analyse reposait sur l'observation des habitudes des joueurs. Aucune donnée n'indique des conséquences néfastes selon les chercheurs. Ces derniers nuancent néanmoins leurs propos, car le temps passé sur le jeu détermine ses effets. La pratique doit se faire en se posant une certaine limite si le joueur souhaite préserver son bien-être.


Les pratiques extrêmes sont à éviter

Cette étude revêt une importance capitale, indique Andy Przybylski, celui qui l'a dirigée. En effet, la pratique est parfois soumise à des mesures qui l'interdisent ou restreignent le temps qui lui est consacré. C'est par exemple le cas au Japon où une ordonnance lui est dédiée. La Chine a même adopté des lois pour encadrer cette activité. Et pourtant, aucune observation n'a été menée au préalable pour attester sa nocivité.

Ces réglementations sont censées protéger les jeunes du danger du jeu vidéo. Le doute peut même amener certains parents à solliciter la mutuelle familiale en vue d'une séance chez un psychologue. Or, à ce jour, aucun élément ne permet de prouver l'efficacité de ces mesures, soutient Andy Przybylski. L'investigation qu'il a effectuée avec ses collègues témoigne même du contraire.

Les résultats montrent que les jeux vidéo ont des effets négatifs sur le mental uniquement dans deux cas. Les chercheurs mettent l'accent sur les pratiques intenses où le risque d'altérer son bien-être existe. Cela arrive lorsque le joueur ajoute dix heures supplémentaires à son temps de jeu habituel. La conséquence est identique pour les personnes qui jouent par obligation et non pour se divertir.

Une source possible de bien-être

En dehors de ces deux cas de figure, les temps passés à jouer ne présentent aucun danger, selon l'étude. D'ailleurs, une autre observation effectuée également par Andy Przybylski indique qu'il favorise le bien-être. L'investigation a eu lieu en novembre 2020 alors que tous devaient faire face à la pandémie et aux mesures prises en conséquence. La pratique a été courante pendant cette période. Les moyens déployés pour cette enquête restaient toutefois limités.

Le contexte est différent avec la nouvelle étude d'après ses auteurs. Le comportement de 40 000 joueurs ont été suivis pour parvenir à la conclusion avancée. Les chercheurs ont préféré mener les observations eux-mêmes plutôt que d'interroger les personnes concernées. Pour ce faire, ils ont demandé l'aide de sept éditeurs qui leur ont transmis leurs données sans les visionner. Ces informations font état des attitudes des joueurs pendant six semaines.

L'étendue et la durée de l'observation permet de soutenir le bien-fondé des résultats, affirment les chercheurs. En six semaines et avec des milliers de participants, ils ont en effet eu la possibilité d'évaluer différents comportements. Aucune information n'a prouvé un lien entre une dégradation de l'état mental et le temps de jeu. Bien au contraire, les scientifiques ont plusieurs fois relevé l'absence de toute influence sur la santé mentale.