Selon divers constats et statistiques, de nombreux hommes en détresse mentale évitent les cabinets de psychothérapie. Malgré des statistiques alarmantes qui révèlent que 9,2 % d’entre eux souffrent de dépression et près de 20 % ont un problème avec l’alcool, seulement 25 % des hommes consultent un professionnel, contre 35 % des femmes. Ce tabou, ancré dans la « virilité », impacte leur bien-être, cependant, la libération de la parole transforme lentement cette tendance.

Libérer la parole masculine : les défis de la santé mentale chez les hommes

La résistance culturelle en cause

La mentalité occidentale pousse les hommes à agir plutôt qu'à demander du soutien,

Explique Filipa Da Silva Pereira, psychologue. Pour éviter toute introspection émotionnelle, ils vont alors préférer se noyer dans le travail par exemple. Pourtant, aller chez le psy est vu comme un acte de courage, une rupture avec les stéréotypes – sans compter qu'avec une bonne complémentaire santé, les séances sont remboursées à 100 %.

Néanmoins, l'ego joue un rôle crucial, les hommes doutant de l'efficacité d'un thérapeute. Cette « résistance culturelle » persistante crée un cercle vicieux où ils rechignent à partager leurs problèmes, contribuant ainsi à l'augmentation des chiffres alarmants liés à la santé mentale masculine.


Une prise en charge souvent tardive

Les conséquences de la « virilité toxique » sont graves, avec trois fois plus de suicides chez les hommes.

Ils tardent à consulter, généralement entre 40 et 50 ans, laissant des troubles s'installer. Les professionnels alertent ainsi sur les risques de dépressions profondes et de burn-out.

Alain Heril souligne l'importance de sensibiliser les jeunes pour briser le silence et prévenir ces tragédies.

En négligeant une intervention précoce, ces pathologies peuvent avoir un impact dévastateur, affectant non seulement l'individu, mais aussi son entourage, accentuant ainsi l'urgence d'une « transformation culturelle » autour de la santé mentale masculine.

Évolution et défis persistants

Bien que la parole masculine se libère, l'évolution est lente. Les hommes commencent à consulter, mais les changements sont graduels. Alain Heril et Stéphanie Almon appellent donc à « une éducation précoce sur la gestion des échecs ».

Cette transformation bénéficierait non seulement aux hommes individuellement, mais également à la société, en apaisant les rapports hommes-femmes.

Pour que cela devienne une réalité, il est essentiel de briser les stéréotypes qui entourent la masculinité, éduquant ainsi les générations futures sur l'importance de la santé mentale et la recherche d'aide.
A retenir
  • Malgré des taux élevés de dépression et d'alcoolisme chez les hommes, seulement 25 % consultent un psy.
  • La résistance culturelle, liée à la virilité, les pousse à agir plutôt qu'à demander de l'aide.
  • Les conséquences sont graves, avec trois fois plus de suicides.
  • Bien que la parole masculine évolue lentement, l'importance d'une éducation précoce sur la santé mentale persiste.