La coloration capillaire est aujourd’hui de plus en plus populaire. Hommes et femmes, jeunes et vieux y ont recours pour différentes raisons : changer la teinte des cheveux, raviver la couleur naturelle ou masquer les cheveux blancs. Il faut toutefois savoir que cette pratique à forte tendance n’est pas toujours anodine et qu’elle augmenterait le risque de développer un cancer du sein.

Ammoniaque, formaldéhyde, paraphénylènediamine… sont tous des substances chimiques potentiellement toxiques, relevés dans des teintures de cheveux. En effet, certains d'entre eux peuvent avoir des effets secondaires inquiétants, tels que des réactions allergiques.

Et tout récemment, des chercheurs américains ont mis en évidence une corrélation entre les cancers mammaires et les colorations capillaires. À savoir que les dangers sont d'autant plus grands pour les femmes qui se teintent les cheveux de façon régulière.

L'étude révèle également que les femmes à peau foncée, possédant des chevelures naturellement frisées à crépues, sont les plus exposés. De fait, les produits de lissage pourraient également contenir des composants cancérigènes.


Se teindre les cheveux, un risque pour la santé ?

L'adage « il faut souffrir pour être belle » n'a pas été inventé pour rien, car il se justifie dans bon nombre de situations. Dans le cas d'une coloration capillaire, par exemple, de multiples petits désagréments peuvent survenir, tels qu'une odeur désagréable, des irritations, des picotements, ou bien encore une sécheresse du cuir chevelu.

Le fait est qu'il s'agit d'une modification de teinture de manière chimique qui n'est pas sans impacts sur l'organisme, surtout si elle se pratique trop fréquemment. La preuve, les femmes ayant des chevelures colorées courent 9% de plus de risques de développer des tumeurs au niveau de leurs organes mammaires par rapport à celles qui n'en pratiquent pas.

C'est du moins ce qu'a révélé une étude menée par les scientifiques du National Institute of Health, un centre de recherche basé dans le Maryland, aux États-Unis. Certes, être malade de cancer n'apparait plus aujourd'hui aussi dramatique qu'avant grâce aux traitements efficaces, qui plus est, ceux-ci sont remboursables auprès des assureurs santé – Assurance maladie ou mutuelle. Mais il convient d'admettre que c'est une maladie évitable, et ce, dans bien des cas.

Un usage fréquent décuple les risques

À noter d'ailleurs qu'après avoir suivi, pendant plusieurs années, les habitudes de plus de 46 000 femmes âgées entre 35 et 74 ans, les chercheurs ont constaté que celles qui se teignaient les cheveux à intervalle régulier (de deux mois) s'exposent davantage au cancer du sein, avec un risque majoré de 60%.


Une raison de plus poussant les auteurs de l'enquête, dont l'un des responsables de NIEHS (National Institute of Environmental Health Sciences), Dale Sandler, à préconiser la non-exposition aux substances chimiques présentes dans les teintures capillaires. Tout comme il recommande aux consommatrices d'éviter, autant que possible, les matières défrisantes. En effet, le recours fréquent à des produits de lissage (mensuellement ou tous les deux mois) augmenterait le risque de 30%.

Ce qui explique alors la plus forte propension des femmes afro-américaines au cancer mammaire si elles colorient ou lissent trop fréquemment leurs crinières. À Alexandra White, qui se trouve à la tête du groupe NIEHS, de souligner :

« Nous voyons un risque élevé de cancer du sein associé à l'utilisation de la teinture pour les cheveux, et l'effet est plus fort chez les femmes afro-américaines, en particulier celles qui en utilisent fréquemment ».