La lutte contre les mélanomes pourrait être moins rigoureuse si tout le monde s’y met

La visite chez le dermatologue n’est pas en soi un luxe. Il s’avère même aujourd’hui une nécessité compte tenu de la chaleur intense qui, au-delà des bienfaits physiques et psychologiques apportés par le soleil, peut être tout aussi néfaste pour la santé.

De fait, le nombre de nouveaux cas de cancers de la peau se rapproche des 100 000, sans compter les autres maladies qui pourraient être aussi engendrées par une exposition intensive au rayonnement ultraviolet.

Et ce qui est désolant, d’après les explications du Dr Emmanuel Ricard, un délégué à la Ligue contre le cancer, c’est que les préventions manquent. Or, chaque individu comme chaque collectivité ont leur part de responsabilité dans cette lutte.


L’abus des rayons UV est néfaste

La météo influe sans aucun doute sur l’humeur, si l’on observe les coups de blues pendant l’hiver et le regain d’énergie lorsque le printemps arrive. Les rayons du soleil impactent positivement le moral, tout comme il apporte d’innombrables bienfaits au physique, notamment l’optimisation de la synthèse de la vitamine D, le renforcement du système immunitaire, l’amélioration de l’oxygénation, etc.

Il faut dire que l’astre est nourricier, à condition toutefois de ne pas en abuser. Ce qui est loin d’être facile en cette période estivale où les vacances au bord de la mer font rage. Et c’est sans compter aussi sur les nombreux épisodes de canicule qui sévissent actuellement.

En conséquence, plusieurs pathologies sont rencontrées à la suite d’une intense exposition aux rayons UV, à savoir :

  • Des différents troubles oculaires, comme la cataracte par exemple ;
  • Un vieillissement prématuré de la peau ;
  • Des formes d'eczéma ;
  • Des effets secondaires de certains médicaments, notamment les tétracyclines, dont le traitement ne doit pas interagir avec le soleil.

Mais la plus grave est le cancer de la peau. Les scientifiques en dénombrent d’ailleurs 80 000 nouveaux cas tous les ans. Et si certains sont bénins, les mélanomes, dont on en découvre annuellement 15 404, sont en revanche particulièrement meurtriers en raison de leur risque élevé de se métastaser.


Force est de constater que les hommes sont plus exposés, avec une hausse annuelle de 2,9% du nombre des cas relevés. Cela s’explique principalement par leurs professions à forte exposition au soleil, notamment l’agriculture, le bâtiment et la pêche. Mais aussi au machisme inné de bon nombre d’entre eux qui les pousse à réfuter toute forme de protection pour préserver leur image.

Mieux vaut prévenir que guérir

Afin d’amenuiser les risques liés à cette maladie, une campagne de prévention solaire est menée d’une main de fer par la Ligue contre le cancer. Car s’il est vrai que les dépenses afférentes au traitement sont remboursées par l’Assurance maladie, du moins par la mutuelle auprès de laquelle le patient se souscrit, rien ne vaut les gestes préventifs du quotidien, comme :

  • La durée d’exposition raisonnable ;
  • L’utilisation de crème solaire adéquate ;
  • Le port d’accessoires de protection (lunettes, chapeau, etc.).

Le Dr Emmanuel Ricard, principal acteur dans cette campagne renchérit qu’il est possible de se préserver de ce type d’affection. Seulement, cela requiert une certaine prise de conscience quant aux risques à prohiber. Le problème, selon lui, c’est que :

Trop d'idées reçues ont la vie dure. Non, les coups de soleil de l'enfance ne sont pas sans conséquence à l'âge adulte. Non, faire des UV ne prépare pas et ne protège pas sa peau du soleil.

Il faut également savoir que la lutte est plus efficace si chacun prend sa part de responsabilité, les individus tout comme les collectivités. En Australie, par exemple, où les rayons du soleil sont des plus intenses en période de chaleur, la guerre contre le mélanome révèle de la santé publique. À ce porte-parole de la Ligue d’ajouter :

C'est toute la collectivité qui doit s'y mettre. Nous plaidons ainsi pour la création d'espaces ombragés dans les villes : plantons des arbres, des tilleuls ! Sensibilisons les animateurs de centres de loisirs, de colonies, les entreprises.

Et les initiatives sont d’autant plus légitimes que les dépistages sont nécessaires, car les malades diagnostiqués précocement ont 88% de chances d’être guéris.